Conflit en Syrie: Ankara riposte par des bombardements après la mort d'une trentaine de soldats turcs à Idleb

Le président turc R.T. Erdogan, ce 26 février à Ankara
Le président turc R.T. Erdogan, ce 26 février à Ankara - © ADEM ALTAN - AFP

Au moins 33 soldats turcs ont été tués jeudi dans la province d'Idleb dans des raids attribués au régime syrien par Ankara qui a aussitôt riposté en bombardant des positions de Damas, faisant craindre une escalade et un nouveau désastre humanitaire.

Outre les 33 morts, une trentaine de militaires turcs ont été blessés dans des frappes aériennes attribuées par Ankara au régime syrien, qui ont visé la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie. Les blessés ont été rapatriés en Turquie pour être hospitalisés, a déclaré Rahmi Dogan, le gouverneur de la province turque de Hatay, frontalière de la Syrie.

Le chef de l'Etat Recep Tayyip Erdogan a convoqué un conseil de sécurité extraordinaire à Ankara. Signe que la situation risque d'empirer, la présidence a annoncé que l'armée turque bombardait dans la nuit de jeudi à vendredi des positions du régime de Bachar al-Assad en représailles à la mort des soldats turcs.

"Toutes les positions connues du régime (syrien) ont été prises sous le feu de nos unités terrestres et aériennes", a affirmé le directeur de la communication de la présidence, Fahrettin Altun, dans un communiqué. "Nos valeureux soldats se sont vengés", s'est-il réjoui.

Le responsable turc a par ailleurs exhorté la communauté internationale, y compris la Russie et l'Iran, parrains de Damas, à "prendre leurs responsabilités" pour "faire cesser les crimes contre l'humanité que commet le régime".

Appel à la désescalade de l'OTAN

Les lourdes pertes essuyées par Ankara jeudi interviennent après des semaines d'escalade à Idleb entre les forces turques et celles du régime de Bachar al-Assad, qui se sont affrontées à plusieurs reprises. Les pertes essuyées par la Turquie jeudi, qui portent à au moins une cinquantaine le nombre de militaires turcs tués à Idleb en février, risquent de creuser un fossé entre Ankara et Moscou, principal parrain du régime syrien..

"A défaut d'agir rapidement, le risque d'une escalade encore plus grande augmente d'heure en heure", a mis en garde le porte-parole des Nations unies Stephane Dujarric, qui a appelé "à un cessez-le-feu immédiat".

Lors d'une conversation téléphonique avec le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a condamné "les frappes aériennes aveugles du régime syrien et de son allié russe". Il a "exhorté toutes les parties à une désescalade de cette situation dangereuse, et à éviter que ne s'aggrave davantage la situation humanitaire épouvantable dans la région", selon un porte-parole de l'alliance, dont la Turquie est membre.

"Nous soutenons notre allié de l'Otan, la Turquie, et continuons d'appeler à un arrêt immédiat de cette offensive odieuse du régime d'Assad, de la Russie et des forces soutenues par l'Iran", a déclaré pour sa part un porte-parole du département d'Etat américain.

 

 

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