Conflit dans l'Est de la RDC: le Rwanda est impliqué affirme Augustin Matata

Selon Augustin Matata, le rapport du groupe d'experts des Nations Unies pointe clairement du doigt la responsabilité du Rwanda dans ce conflit qui secoue l'est de la République Démocratique du Congo. Un rapport qui, dit-il, n'a pas encore été rendu public mais dont "les fuites indiquent très bien que le mouvement M23 continue à bénéficier des appuis des personnes qui ont été nommément cités (dans le premier rapport, ndlr) et qui occupent des fonctions officielles au Rwanda". 

Et quand Bertrand Henne lui demande s'il parle du ministre rwandais de la Défense accusé d'avoir participé au recrutement des membres du M23 et de les avoir armés, il confirme. Ce n'est pas un hasard, selon lui, si ce groupe de mutins a repris de la vigueur depuis qu'il campe à la frontière avec le Rwanda. 

Aujourd'hui, "ce qu'on demande en premier lieu, c'est la justice", poursuit-il, car il n'est pas normal, selon lui, qu'un membre de la communauté des nations puisse "déstabiliser un autre pays pour y trouver des intérêts économiques". Il demande d'ailleurs à la Monusco "qui est sur place" de "renforcer son mandat pour sécuriser les frontières" qui  sont "très larges et poreuses".

La démocratie en RDC ? 

Le Premier ministre congolais assure, par ailleurs, que son pays a fait des "progrès énormes" sur le plan de la démocratie. "Beaucoup de choses changent" et tout ceux qui sont venus au sommet de la francophonie à Kinshasa l'ont remarqué, affirme-t-il.

Les propos tenus par le président français, François Hollande, condamnant l'insuffisance de démocratie en RDC, "sont infondés", dit-il. Il était "mal informé", il est d'ailleurs "revenu sur certaines appréciations", précise Augustin Matata espérant pouvoir "redorer l'image" de son pays "en Europe et dans le monde entier".

On ne peut pas demander la même chose à la RDC qu'un pays qui a 100 ans ou 200 ans de démocratie derrière lui, conclut-il.

Une justice indépendante

Interrogé sur l'affaire Chebaya, ce militant des droits de l'homme retrouvé assassiné en juin 2010, Augustin Matata a déclare qu'il faut "éviter les préjugés".

La justice est indépendante du pouvoir exécutif, dit-il, "il faut avoir confiance dans le processus de la justice".

Quant à une possible interférence du président Joseph Kabila dans cette affaire, il déclare : "Le président Kabila est un homme qui, par sa volonté, appuie le processus démocratique", "il ne ne va pas intervenir dans une affaire des droits de l'homme".

 

 

C. Biourge

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