Conflit au Tigré : l'Ethiopie offre une récompense pour localiser les dirigeants en fuite

Conflit au Tigré : l’Ethiopie offre une récompense pour localiser les dirigeants en fuite
Conflit au Tigré : l’Ethiopie offre une récompense pour localiser les dirigeants en fuite - © EDUARDO SOTERAS - AFP

Les autorités éthiopiennes ont offert vendredi une récompense d’environ 200.000 euros pour des informations permettant de localiser les dirigeants dissidents en fuite de la région septentrionale du Tigré, cibles d’une opération militaire lancée par le gouvernement fédéral le 4 novembre.

Les dirigeants du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), parti qui dirigeait les institutions régionales après avoir détenu les leviers de pouvoir durant près de 30 ans à Addis Abeba, sont en fuite depuis la prise annoncée de Mekele, la capitale du Tigré, le 28 novembre.

L’armée éthiopienne versera 10 millions de birrs (environ 210.000 euros) "à quiconque connaît la localisation exacte des dirigeants de la junte du TPLF", a déclaré le chef du département de l’Information de l’armée, le général Asrat Denero, cité par la radio-télévision d’Etat EBC.

Le général Asrat a également donné les numéros de téléphone dédiés à appeler pour communiquer d’éventuels renseignements.

Localisation inexacte

Le 30 novembre, deux jours après la chute de Mekele, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed avait assuré aux députés que les chefs du TPLF étaient suivis à la trace "depuis la salle de crise" par l’armée fédérale et seraient rapidement arrêtés.

Il avait assuré qu’ils se trouvaient à environ 50 km à l’ouest de Mekele, mais le président déchu du Tigré et chef du TPLF, Debretsion Gebremichael, avait alors assuré à l’AFP que cette localisation était inexacte.

Les dirigeants du TPLF en fuite sont injoignables depuis presque deux semaines.

M. Abiy, Prix Nobel de la paix 2019, a envoyé l’armée au Tigré pour remplacer par "des institutions légitimes" et traduire en justice les dirigeants du TPLF, qui défiaient le pouvoir central depuis plusieurs mois.


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Après des semaines de tensions croissantes, M. Abiy les avait accusé début novembre d’avoir attaqué deux bases militaires dans la région, ce que M. Debretsion avait démenti.

Le 13 novembre, la police fédérale éthiopienne a émis des mandats d’arrêt contre M. Debretsion et 63 autres dirigeants du TPLF.

Malgré la fin annoncée de l’opération militaire par Addis Abeba, des combats se poursuivent au Tigré, selon l’ONU qui déplore que les autorités éthiopiennes restreignent son accès à la région.

Aucun bilan précis du conflit au Tigré n’est disponible, mais les combats ont poussé plus de 50.000 personnes à trouver refuge au Soudan voisin et en ont déplacé plus de 63.000 à l’intérieur de la région, selon l’ONU.

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