Conflit à Gaza: l'Allemagne dénonce les "attaques terroristes" du Hamas, l'Autriche hisse le drapeau israélien par "solidarité"

L'Allemagne a estimé vendredi que les tirs de roquettes des islamistes du Hamas vers Israël étaient des "attaques terroristes" et prévenu qu'elle ne tolèrerait pas de "manifestations antisémites" sur son sol.

"Quiconque attaque une synagogue, quiconque endommage des symboles juifs montre qu'il ne s'agit pas de la critique d'un État, de la politique d'un gouvernement, mais d'une agression et de haine contre une religion et ceux qui y appartiennent", a déclaré lors d'une conférence de presse le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert.

"Ceux qui utilisent ces manifestations pour crier leur haine des Juifs abusent du droit de manifester", a fustigé le porte-parole. "Notre démocratie ne tolérera pas les manifestations antisémites", a-t-il prévenu.

Le Conseil central des juifs d'Allemagne a réclamé mercredi une meilleure protection des institutions juives dans le pays après que des drapeaux israéliens ont été brulés devant deux synagogues, en lien avec les affrontements armés israélo-palestiniens. Des rassemblements en soutien aux Palestiniens sont prévues samedi à Berlin. Mardi soir, des drapeaux de l'État hébreu ont été brulés devant deux synagogues à Bonn et à Münster.

Lundi soir, la police de Düsseldorf avait déjà été alertée alors que des inconnus tentaient d'allumer un feu sur une pierre commémorative rappelant la présence jadis d'une synagogue à cet endroit. Ces incidents interviennent en pleine escalade de violences entre Palestiniens et forces de sécurité israéliennes. 

Israël pilonnait vendredi la bande de Gaza avec des frappes aériennes et des tirs d'artillerie dans cette enclave palestinienne densément peuplée, où l'escalade militaire en cours depuis lundi avec les islamistes du Hamas au pouvoir a fait plus de 100 morts.

Les tirs de roquettes du Hamas vers Israël sont des "attaques terroristes", a jugé M. Seibert. 

"Il s'agit d'attaques terroristes qui n'ont qu'un seul but : tuer des gens sans distinction et de façon arbitraire et répandre la peur", a dénoncé le porte-parole, ajoutant que le gouvernement d'Angela Merkel défendait "le droit d'Israël à la légitime défense contre ces attaques".

"Ces tirs de roquettes doivent cesser immédiatement", a-t-il martelé.

Drapeau israélien hissé en Autriche

De son côté, l'Autriche a hissé vendredi sur des bâtiments officiels le drapeau israélien en signe de "solidarité" face aux "attaques" dirigées "depuis la bande de Gaza" par "le Hamas et d'autres groupes terroristes".

"Je condamne avec la plus grande fermeté les attaques contre Israël depuis la bande de Gaza", écrit le chancelier conservateur Sebastian Kurz dans une déclaration transmise à l'AFP. 

"Israël a le droit de se défendre contre ces attaques. Pour témoigner de notre entière solidarité (...), nous avons hissé le drapeau israélien" sur les locaux de la chancellerie et du ministère des Affaires étrangères, a-t-il ajouté. 

"Rien ne justifie les plus de mille roquettes tirées jusqu'à présent sur Israël depuis Gaza par le Hamas et d'autres groupes terroristes et nous soutenons fermement la sécurité d'Israël", a précisé le ministre des Affaires étrangères, Alexander Schallenberg.

La Turquie critique

La Turquie, pays qui défend avec vigueur la cause palestinienne et dont les relations avec l'Autriche sont tendues depuis plusieurs années, a vertement critiqué le geste de soutien de Vienne à Israël.

Hisser le drapeau israélien "n'est pas moral, ce n'est pas humain. Tant que vous vous comporterez de la sorte, Israël continuera sans crainte ses agressions", a ainsi déclaré sur Twitter le porte-parole de la présidence turque Ibrahim Kalin.

Par ailleurs, le parquet autrichien a ouvert une enquête après la tenue de propos antisémites, lors d'une manifestation de soutien aux Palestiniens mercredi à Vienne. 

En 2000, Israël avait rappelé son ambassadeur en Autriche pour protester contre l'entrée au gouvernement du FPÖ. Ce parti d'extrême droite, fondé par d'anciens nazis, est régulièrement éclaboussé par des scandales liés à l'antisémitisme.

Les relations diplomatiques entre les deux pays n'avaient été normalisées que trois ans plus tard. 

Lors de son arrivée à la tête d'un nouveau gouvernement de coalition avec le FPÖ en décembre 2017, Sebastian Kurz avait fait de l'approfondissement des liens avec Israël l'une des priorités de sa politique étrangère. 

Mais Israël avait refusé tout contact avec les ministres nommés par l'extrême droite et retournés depuis dans l'opposition, en mai 2019. 

Alliance verts et conservateurs

L'Autriche, un pays neutre membre de l'Union européenne, est désormais dirigée par une alliance entre les conservateurs et les Verts. En mars dernier, le président israélien Reuven Rivlin avait effectué une visite officielle à Vienne.

La capitale autrichienne abrite l'un des sièges des Nations Unies et accueille actuellement les négociations internationales pour ressusciter l'accord sur le nucléaire iranien. 

Aux Etats-Unis, les républicains ont demandé jeudi au président Joe Biden de stopper ces discussions, en invoquant un lien entre l'Iran et les tirs de roquettes du Hamas.

Depuis le début lundi de ce nouveau cycle de violences au Proche-Orient, 119 Palestiniens, dont 31 enfants, ont été tués dans la bande de Gaza, selon un dernier bilan du ministère local de la Santé. En Israël, où le bouclier antimissile "Dôme de fer" a intercepté environ 90% des quelque 1.800 roquettes tirées cette semaine depuis Gaza, le bilan est passé à huit morts.

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