Gaza: 334 Palestiniens tués en 12 jours, et samedi 2 soldats de Tsahal

Conflit à Gaza: 307 Palestiniens ont été tués en 12 jours, onze ce samedi
Conflit à Gaza: 307 Palestiniens ont été tués en 12 jours, onze ce samedi - © MAHMUD HAMS - BELGAIMAGE

Au moins 38 Palestiniens ont été tués ce samedi dans des frappes israéliennes contre la bande de Gaza, portant à 334 le nombre de morts palestiniens en 12 jours d'offensive sur l'enclave palestinienne, selon les services de secours. Israël continue d'étendre son offensive, tandis que la communauté internationale s'efforçait d'arracher une cessez-le-feu, avec la venue dans la région du chef de l'ONU Ban Ki-moon.

Côté israélien, un Bédouin a été tué par une roquette tirée de Gaza, portant à deux le nombre de civils tués depuis le 8 juillet, a indiqué la police. Un soldat israélien a également été mortellement touché par un tir "ami", selon l'armée. Samedi matin, deux soldats israéliens ont été tués par un commando palestinien qui s'était infiltré en Israël via un tunnel depuis Gaza, a annoncé l'armée, portant à trois le bilan des militaires tués depuis le début de l'offensive terrestre. "Les soldats s'appellent Adar Bersanao, 20 ans de Nehariya et Amotz Greenberg, 45 ans, de Hod Hasharon", a indiqué l'armée dans un communiqué. Une porte-parole de l'armée a déclaré à l'AFP que les militaires avaient été tués lors d'un incident annoncé à la mi-journée. L'armée avait dans un premier temps annoncé qu'un combattant de Gaza avait été tué et deux soldats israéliens blessés lors de l'affrontement. "Ce matin des terroristes se sont infiltrés en Israël depuis le centre de la bande de Gaza à travers un tunnel. L'armée a répliqué, tué un terroriste et repoussé les autres à l'intérieur de la bande de Gaza", avait annoncé le communiqué de l'armée, ajoutant que les soldats avaient essuyé des tirs d'armes automatiques et de roquettes antichars.

Dans un communiqué publié plus tôt à Gaza, la branche armée du mouvement palestinien Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, avait revendiqué une opération "derrière les lignes ennemies", c'est-à-dire en territoire israélien.

Tsahal a fait de la destruction du réseau souterrain du Hamas à Gaza sa priorité, craignant qu'il ne serve à lancer des attaques contre les civils israéliens.

Le bilan du côté palestinien

Dans la bande de Gaza, cinq membres d'une même famille, dont deux fillettes de deux et six ans, ont péri dans une frappe à Beit Hanoun (nord), où une cinquième personne a été tuée par une frappe distincte, a indiqué à l'AFP le porte-parole des services des urgences Achraf al-Qoudra.

En début d'après-midi, quatre hommes ont également été tués dans deux frappes distinctes à Beit Lahiya (nord), deux personnes ont été tuées à Khan Kounès (sud) et trois hommes ont péri dans un raid sur le centre de la bande de Gaza.

Aux premières heures de la journée, une frappe a par ailleurs tué sept personnes à la sortie d'une mosquée de Khan Younès. D'autres raids ont coûté la vie à un enfant de six ans et un jeune homme dans le nord de l'enclave palestinienne, ainsi qu'à une personne au nord de la ville de Gaza et à une femme à Deir al-Balah (centre).

Quatre autres personnes ont été tuées plus tôt dans la matinée à Beit Hanoun, Deir al-Balah et Khan Younès. Egalement dans la matinée, les cadavres de cinq victimes ont été retrouvés dans les décombres d'une maison bombardée dans la nuit de vendredi à samedi, à l'est de Khan Younès. Une autre victime a été retrouvée dans des décombres, à Khan Younès, et deux personnes blessées dans de précédents bombardements ont succombé à leurs blessures.

L'opération israélienne "Bordure protectrice" lancée depuis le début le 8 juillet a également fait quelque 2250 blessés palestiniens.

Selon le Centre palestinien pour les droits de l'Homme, basé à Gaza, les civils représentent plus de 80% des victimes de l'offensive, lancée par Israël pour faire cesser les tirs de roquettes du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle l'enclave.

Visite de Ban Ki-Moon "pour mettre fin aux violences"

Ni Israël, ni le mouvement islamiste Hamas et ses alliés n'ont donné de précisions sur l'étendue de leurs affrontements ni sur les opérations en cours. Mais Israël a annoncé étendre ses opérations militaires dans l'enclave.

Sur le plan diplomatique, aucune avancée réelle pour aboutir à un cessez-le-feu n'a été constaté malgré des pourparlers sous l'égide de l'Egypte et après l'échec cette semaine d'une initiative de trêve rejetée par le Hamas. Néanmoins, les diplomates s'activaient encore, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon prévoyant notamment un déplacement dans la région à compter de samedi pour "montrer sa solidarité avec les Israéliens et les Palestiniens et les aider, en coordination avec les acteurs régionaux et internationaux, à mettre fin à la violence et à trouver une solution".

A Gaza, le nombre de déplacés a presque doublé en 24 heures, pour atteindre 40 000 personnes, selon l'agence de l'ONU dans cette bande de terre de 362 km2 où s'entassent dans la misère 1,8 million d'âmes soumises à un blocus israélien depuis des années. Le Programme alimentaire mondial espère pouvoir y distribuer de la nourriture à 85 000 personnes dans les prochains jours.

70% des secteurs de Gaza étaient privés d'électricité.

Les principales ONG israéliennes de défense des droits de l'Homme ont exigé des "couloirs humanitaires" pour évacuer les blessés et pour que "les personnels médicaux puissent remplir leur mission sans mettre leurs vies en danger".

Objectif: destruction des tunnels du Hamas

L'offensive terrestre d'Israël a été lancée dans la nuit de jeudi à vendredi. Il s'agit d'une nouvelle phase dans l'opération "Bordure protectrice", destinée en particulier à détruire des tunnels utilisés par le Hamas. Juste avant son début, Israël avait dit avoir déjoué une attaque d'un commando via un tunnel depuis Gaza.

Sur le terrain, l’armée israélienne a dit avoir tué une vingtaine de "terroristes", frappant au moins "240 cibles d'activités terroristes" et mettant au jour 10 tunnels disposant de 22 sorties. Elle a fait état de 21 arrestations.

"Nos opérations se concentrent sur une zone de 2,5 km le long de la frontière, dans des zones rurales ou semi-urbaines", a indiqué à la presse un officier du renseignement militaire.

"Mes instructions sont de se préparer à la possibilité d'élargir de manière significative l'opération", a dit le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, "ce n'est pas possible de régler (le problème) des tunnels depuis les airs uniquement".

Il a néanmoins admis qu'il n'y avait pas de "garantie de succès à 100%".

Malgré l'offensive terrestre, les combattants du Hamas ont réussi à tirer 135 roquettes dont 87 ont atterri en Israël et 40 ont été interceptées, a précisé un porte-parole militaire.

Réactions internationales

L'offensive terrestre est la première menée à Gaza depuis celle de décembre-janvier 2008-2009, qui avait fait 1400 morts côté palestinien sans pour autant mettre fin aux tirs de roquettes.

Benjamin Netanyahu l'a justifiée par le refus du Hamas d'accepter une proposition de trêve égyptienne que le mouvement islamiste palestinien voulait élargir à la levée du blocus et la libération de prisonniers.

A l'étranger, le président américain Barack Obama, principal allié d'Israël, a dit à Benjamin Netanyahu que les Etats-Unis étaient "profondément inquiets des risques d'une escalade et de la perte de davantage de vies innocentes".

L'Union européenne s'est déclarée "très préoccupée", estimant "plus urgent que jamais" la recherche d'un cessez-le-feu.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui a rencontré le président palestinien Mahmoud Abbas au Caire, a dit vouloir "briser la spirale de la violence". Il est attendu samedi en Israël.

Il s'agit du conflit le plus sanglant à Gaza depuis 2009.

Avec agences

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