Condamné à 8 ans de prison, l'ex-président équatorien, Rafael Correa, nous répond: "Il faut continuer la lutte"

L'ancien président de l'Équateur (2007-2017) Rafael Correa donne une conférence de presse au Parlement européen à Bruxelles le 9 octobre 2019
L'ancien président de l'Équateur (2007-2017) Rafael Correa donne une conférence de presse au Parlement européen à Bruxelles le 9 octobre 2019 - © KENZO TRIBOUILLARD - AFP

L’ex-président équatorien Rafael Correa a été condamné ce mardi à huit ans de prison par la justice de son pays. Il était accusé avec 19 autres prévenus, dont son vice-président déjà emprisonné dans une autre affaire de corruption, d’avoir accepté 7,5 millions de dollars de pots-de-vin, en échange de l’octroi de contrats publics, pour financer les campagnes électorales du parti au pouvoir entre 2012 et 2016.

Vivant en Belgique, il ne compte pas baisser les bras

Le tribunal a reconnu Rafael Correa coupable de ces malversations, lui interdisant en outre d'exercer toute activité politique pendant vingt-cinq ans.

L'ex-président socialiste équatorien a toujours affirmé être victime d’une persécution politique avec la complicité de magistrats.  Il vit depuis trois ans en Belgique. Nous l’avons contacté. 

Votre première réaction ? 

"Un procès comme celui-ci aurait été impossible dans un Etat de droit. C’est de la persécution politique pour m’empêcher de participer aux prochaines élections. Pourquoi croyez-vous qu’ils font une audience au milieu d’une crise si grave comme le Coronavirus ? Ils sont pressés parce que, pour  pour m’empêcher de participer aux élections, d'après la programmation qu'ils ont, ils doivent avancer maintenant. Et, c’est pour ça qu’ils ont organisé une audience. Ces accusations sont ridicules."

Vous ne reconnaissez pas les chefs d'accusations?

"Vous pouvez faire venir des experts, pour chercher où il y a par exemple des pots de vin, où j'ai recu 20 centimes... La seule chose est qu'un assistant a reçu de l'argent, et cela s'appelle d'ailleurs "trafic d'influence". Et donc on découvre un cas de corruption et on menace cette personne s'il ne met pas en cause Correa. C'est la même stratégie que chez Lula (Ignacio Lula Da Silva, ex-président brésilien, condamné et emprisonné pour corruption, ndlr)."

Continuerez-vous votre carrière politique ?

"Nous sommes la plus grande force politique d’Equateur. Si les élections étaient organisées demain, on gagnerait la présidence et la majorité à l’assemblée nationale. C’est pour ça qu’on va continuer à lutter. Ce n’est qu’une condamnation de première instance. Il y a la Cour d'appel et la Cour de Cassation après. Il faut continuer. Mais, on a aucun espoir dans la justice de l’Equateur.

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