Didier Reynders (MR) désigné commissaire européen à la Justice

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a dévoilé ce mardi les fonctions des nouveaux commissaires européens. On le savait depuis quelques jours, c’est Didier Reynders (MR) qui représentera la Belgique au sein de la Commission européenne. Il occupera le portefeuille de la Justice et sera notamment en charge de la question de l'Etat de droit.


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En tant que ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders s'est impliqué dans la promotion d'un examen périodique de l'Etat de droit dans les pays de l'Union européenne. Cette question est devenue fondamentale pour une Union confrontée dans plusieurs pays à l'émergence de gouvernements populistes ou à tendance illibérale.

La justice "au sens large"

Interrogé par la RTBF, Didier Reynders se dit "très heureux. Cela fait plusieurs années que je travaille au niveau européen sur la notion d'Etat de droit, la façon de contrôler cet Etat de droit. Contrôler les budget : je l'ai fait beaucoup comme ministre des Finances, participer au contrôle des budgets. Depuis la création de l'Union européenne on contrôle un peu moins la situation en matière de démocratie, de droits humains, d'Etat de droit dans les Etats-membres. Et on a vu quelques problèmes ces dernières années dans plusieurs Etats. Je vais pouvoirs le faire si le Parlement européen va dans cette direction". La lettre de mission qu'Ursula von der Leyen, lui a transmise mentionne la compétence de la justice "au sens large".

Le libéral francophone belge est ainsi appelé à prendre la succession du socialiste néerlandais Frans Timmermans pour veiller au respect de l'État de droit, un dossier sur lequel son prédécesseur s'était illustré face à plusieurs gouvernements populistes ou illibéraux qui ont émergé ces dernières années en Europe. A cet égard, Didier Reynders compte bien "hausser la vérification du respect de l'État de droit au même niveau que celui des critères économiques de Maastricht", a-t-il souligné, évoquant la conditionnalité de l'obtention de subventions européennes au respect de l'Etat de droit.

Le vice-Premier ministre belge en affaires courantes succède aussi à la Tchèque Vera Jourova pour d'autres matières relevant de la Justice, comme la coopération en matière de lutte contre la criminalité, l'instauration du futur Parquet européen, mais aussi la protection des consommateurs (vie privée, protection des données, RGPD) ou encore les aspects éthiques de l'intelligence artificielle.

Si ces compétences lui sont confirmées par le Parlement européen, la Belgique hériterait ainsi de portefeuilles potentiellement très visibles dans la politique de la future Commission européenne.

Installation officielle en novembre

Didier Reynders fréquente les travées européennes depuis de très longues années. Ministre des Finances de 1999 à 2011, il a assuré notamment le passage à l’euro, en 2002. Un an plus tôt, il occupait la fonction de président de l’Eurogroupe, qui réunit les ministres des Finances de la zone Euro.

Ministre des Affaires étrangères, du commerce extérieur et des affaires européennes de 2011 à aujourd’hui, (auquel le poste de ministre de la Défense lui est adjoint en décembre dernier), il fait figure de vétéran du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE. Et il a par exemple à son arc toutes les discussions autour du CETA au niveau européen.

Les auditions des candidats commissaires européens au Parlement européen auront lieu du 30 septembre au 8 octobre. Le vote, lui, interviendra le 23 octobre. La nouvelle commission d’Ursula Von der Leyen sera officiellement installée le 1er novembre.

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Direct d'Annick Capelle depuis le Berlaymont (Bruxelles) dans notre 13 h:

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