Commission européenne : Ursula Von der Leyen obtient le soutien du Parlement avec une confortable majorité

Une nouvelle Commission européenne renforcée peut prendre ses fonctions au 1er décembre : l'équipe de l'Allemande Ursula von der Leyen a obtenu sans surprise le feu vert du Parlement européen avec 461 voix contre 157, et 89 abstentions. La nouvelle présidente avait besoin d'une majorité simple de la part des eurodéputés et des voix des trois principaux groupes politiques de l'assemblée et elle les a, comme annoncé, obtenus. Elle pouvait compter sur un réservoir de 444 voix et en a donc récolté 17 de plus, une majorité relativement confortable, ce qui montre que la présidente a réussi à convaincre au-delà des partis traditionnels, ce qui est de bon augure pour la première proposition de la nouvelle équipe, le futur pacte vert qui doit faire de l'Europe le premier continent sans carbone. C'est aussi mieux que ce qu'avait fait Jean-Claude Juncker.

Avant ce vote, la présidente a présenté mercredi matin au Parlement européen son collège de 26 commissaires (sans Britannique) et ses objectifs pour les cinq années à venir, choisissant d'évoquer d'abord très largement la question du climat, avec le "Green Deal" confié aux mains de son premier vice-président Frans Timmermans. La première femme à la tête de l'exécutif européen met aussi la priorité sur la technologie.

Dans un discours large et consensuel, elle a appelé les eurodéputés à travailler "ensemble" pour une Europe courageuse et audacieuse. "Je demande votre soutien pour un nouveau départ de l'Europe", a-t-elle lancé aux parlementaires réunis à Strasbourg, qu'elle a promis de "continuer d'écouter"."Commençons à travailler", a-t-elle proposé, alors qu'elle doit recevoir dès midi le vote d'investiture nécessaire à son entrée en fonction ce week-end (1er décembre).

Le climat comme priorité

Ursula von der Leyen avait besoin d'une majorité simple. Les voix des trois principaux groupes politiques de l'assemblée qui la soutiennent (PPE, Renew et S&D), lui ont suffi. La quatrième formation du Parlement en nombre de sièges, celle des Verts/ALE, a quant à elle réitéré mercredi ses critiques, visant notamment les portefeuilles du Français Thierry Breton et du Hongrois Olivér Várhelyi. Le groupe écologiste a déclaré qu'il n'a votera pas en faveur de la Commission von der Leyen, a répété sa co-présidente Ska Keller. Ils promettent cependant d'être un "partenaire constructif mais critique", "prêt à coopérer" sur les textes qui vont, selon eux, dans la bonne direction. Celle d'un engagement concret pour la lutte contre le réchauffement et pour une gestion humaine de l'immigration, entre autres.

"L'UE va introduire le financement climatique dans tous ses budgets", avait affirmé Ursula von der Leyen un peu plus tôt. Quant à la migration, "une Europe qui est tellement fière de ses valeurs doit pouvoir trouver une solution humaine et efficace", a-t-elle estimé.

Ursula von der Leyen s'attachera a coller au plus près les aspirations des européens. Elle fait appel a la volonté des citoyens, comme ceux qui sont descendus pacifiquement dans les rues il y a trente ans pour faire la révolution de velours. 

L'ancienne ministre allemande de la Défense a présenté chaque membre de son collège comme étant "la bonne personne pour le bon boulot". Les 26 commissaires de von der Leyen comprennent Didier Reynders, toujours ministre des Affaires étrangères et de la Défense du gouvernement belge en affaires courantes qui s'est félicité du très large vote de confiance et envisage un mécanisme annuel sur l'Etat de droit, et Thierry Breton, premier ex-grand patron à devenir membre de l'exécutif européen.