Commission européenne: Marianne Thyssen parmi les 9 femmes aux affaires

Commission européenne: Marianne Thyssen parmi les 9 femmes aux affaires
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Commission européenne: Marianne Thyssen parmi les 9 femmes aux affaires - © EMMANUEL DUNAND - BELGAIMAGE

Les noms des 28 membres de la Commission européenne sont désormais connus. Marianne Thyssen se voit attribuer l'Emploi et les Affaires sociales. Elle est l’une des 9 femmes qui composent la nouvelle équipe, en ce compris Federica Mogherini qui a été récemment désignée Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. La nouvelle liste réunit de nombreux hommes et femmes politiques déjà aguerris, notamment dans les domaines économique et financier.

Après avoir rendu hommage à son prédécesseur, José Manuel Barroso, Jean-Claude Juncker a présenté son équipe pour les 5 prochaines années.

"Nous avons une opportunité et une obligation d’adresser les difficiles situations politiques du moment. Je pense que j’ai la bonne équipe pour cela. Il n’est jamais facile de composer une Commission. J’ai formé de nombreux gouvernements nationaux, c’est encore plus difficile, mais ce sera une équipe gagnante."

Des politiques, pas des fonctionnaires

Lors de sa présentation, Jean-Claude Juncker a défini ses nouveaux commissaires comme de "véritables personnalités politiques." L’équipe comprendra notamment 9 anciens Premiers ministres, de nombreux ex-ministres et autant de membres du Parlement européen. "Cela nous assure une réelle légitimité. Onze d’entre eux ont acquis des compétences dans le domaine économique."

Des vices–présidents "thématiques"

La nouvelle structure de la Commission comprend 7 vices–présidents dont l’un a été désigné par le Conseil d’européen : Federica Mogherini (Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères). Un autre "premier" vice-président sera le Néerlandais Frans Timmermans, présenté comme "la main droite" de Jean-Claude Juncker dont il sera une sorte de Premier ministre.

Ces vice-présidents géreront des projets tels que l’emploi, la croissance ou la création d’une véritable union de l’énergie. Ainsi, l'ex-Premier ministre finlandais Jyrki Katainen sera chargé de "l'emploi et la croissance" tandis que le Letton Valdis Dombrovskis, partisan de l'austérité budgétaire, coordonnera les politiques de "l'euro" et du "dialogue social".

Les postes clés

Pour la Belgique, Marianne Thyssen "aura entre ses mains un très grand portefeuille social", a souligné Jean-Claude Juncker, non sans avoir ironisé sur la lenteur de la Belgique à présenter sa candidate. Elle sera compétente pour la réforme du marché du travail, autrefois dévolue au commissaire aux affaires économiques.

Marianne Thyssen aura par ailleurs un rôle important dans le semestre européen de coordination des politiques économiques et sociales. A ce titre, elle "contribuera à mettre en place les recommandations spécifiques pour les pays", a souligné Jean-Claude Juncker.

"Le visage social" de la Commission

Marianne Thyssen se félicite d'avoir obtenu un poste qui lui permettra de devenir le "visage social" de la Commission européenne. "Au cours des dernières années, l'Europe a mis de l'ordre, notamment dans le secteur bancaire et dans les budgets des Etats membres. Mais, en dépit de ce que disent souvent les critiques, l'Europe n'est pas en premier lieu préoccupée par les chiffres, mais bien par les gens. La prospérité et le bien-être des Européens sont la première priorité", fait-elle valoir.

"J'aurai maintenant la possibilité d'en faire ma priorité personnelle. En collaboration avec les États membres et les régions, je veux créer les meilleures conditions possibles pour stimuler l'emploi et je veux également aider les personnes pour qu'elles puissent améliorer leur position sur le marché du travail. Voilà ce que j'entends par le progrès social", poursuit-elle.

Marianne Thyssen sera bientôt auditionnée par la commission compétente du Parlement européen. "Les prochaines semaines, je dévouerai tout mon temps et mon énergie à la préparation de l'audition devant le Parlement européen", indique-t-elle.

Moscovici aux affaires économiques, Hill aux services financiers, Malmström au commerce

Aux côtés de Marianne Thyssen, la France envoie son ancien ministre Pierre Moscovici aux Affaires économiques, Jonathan Hill du Royaume-Unis gérera les Services financiers et l'Allemand Gunther Oettinger l'Economie numérique, trois des grands postes économiques.

L'Allemand Gunter Oettinger, qui visait un grand portefeuille économique, n'obtient pour sa part qu'une compétence assez restreinte, celle de l'économie et de la société numérique. La compétence sera en outre partagée avec l'Estonien Andrus Ansip, vice-président en charge du marché intérieur numérique.

La Suédoise Cécilia Malmström succède à Karel De Gucht au commerce. La Danoise Margrethe Vestager sera commissaire à la concurrence.

L'union énergétique, autre priorité, a été confiée à l'ancienne Première ministre slovène Alenka Bratusek, également vice-présidente.

L'Italienne Federica Mogherini, Haute représentante pour la politique étrangère, et Kristalina Georgieva, en charge du budget, sont les deux dernières vice-présidentes.

Parmi les autres postes importants, la Tchèque Vera Jourova obtient la Justice, le Grec Dimitris Avramopoulos la migration et les affaires intérieures, la Polonaise Elzbieta Bienkowska le marché intérieur, l'Espagnol Miguel Arias Canete le climat et l'Irlandais Paul Hogan l'agriculture.

"La Commission européenne que je vous présente aujourd'hui est une Commission politique, dynamique et efficace, prête à donner un nouvel élan à l'Europe", a affirmé Jean-Claude Juncker. Le Luxembourgeois a passé les derniers jours à peaufiner la répartition des postes pour respecter les grands équilibres (partis, hommes-femmes, est-ouest, petits et grands pays).

En dépit de leurs pertes électorales, les libéraux conservent une influence significative, s'est félicité leur chef de file au Parlement européen, Guy Verhofstadt, qui avait monnayé le soutien de ses troupes à la Commission Juncker. S'ils n'ont pas obtenu de poste au sommet, les libéraux s'octroient quelques uns des plus gros portefeuilles (commerce, concurrence, justice, union énergétique et marché intérieur numérique).

Côté socialiste, on se félicite d'avoir obtenu le portefeuille des affaires économiques pour Pierre Moscovici. "C'est une indication claire que l'Europe a tourné la page de l'austérité", a affirmé le chef du groupe socialiste au Parlement européen, Gianni Pittella. "Il est temps que la Commission soit plus flexible dans l'application du pacte de stabilité".

Mais outre l'économie et la diplomatie, confiée à l'Italienne Federica Mogherini, les socialistes n'ont pas obtenu une influence déterminante dans la Commission Juncker. Corina Cretu, Maros Sefcovic, Neven Mimica, Karmenu Vella et Vytenis Andriukaitis ont en effet reçu des compétences moins visibles.

9 femmes... cela aurait pu être pire

L’équipe Juncker comptera finalement 9 femmes. Ce n’est pas un progrès, reconnaît le président de la Commission, "mais ce n’est pas non plus un retour en arrière alors que le risque était réel." Et Des portefeuilles-clés seront entre leur mains: justice, compétition, industrie, emploi …

Pas de commissaires nationaux

A plusieurs reprises, Jean-Claude Juncker a répété qu’il ne voulait pas "retomber dans le travers des commissaires considérés comme des silos nationaux". Les vice-présidents seront "des coordinateurs, pas des superviseur.

Il demande aussi de ne pas voir voir dans les vice-présidents des super commissaires. Tous devront travailler, explique le nouveau président, "en intime dépendance les uns par rapport aux autres." Il ne faudra pas mélanger politique nationale et européenne a expliqué à deux reprises -en français et en allemand- Jean-Claude Juncker qui déclare par ailleurs vouloir entretenir de nombreux contacts avec le Parlement Européen. " Nous avons besoin d’une coopération cohérente, solide et en profondeur."

RTBF

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