Commission européenne : le candidat hongrois Olivér Várhelyi ne convainc pas suffisamment

Olivér Várhelyi
Olivér Várhelyi - © JOHN THYS - AFP

Les eurodéputés de la commission des Affaires étrangères n'ont pas donné leur feu vert, jeudi, au candidat hongrois désigné au portefeuille "Voisinage et élargissement" au sein de la nouvelle Commission européenne, selon différents médias. Olivér Várhelyi, qui faisait face aux question des eurodéputés jeudi matin, devra répondre à une salve de questions écrites pour tenter de convaincre. C'est le deuxième candidat de Budapest à être en difficultés, après le rejet de la candidature de Laszlo Trocsanyi dès le stade de l'examen des potentiels conflits d'intérêts.

Les Verts avaient rapidement indiqué qu'ils voteraient contre le Hongrois, en fin de matinée. Selon Politico, les groupes S&D, Renew et la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique ont également estimé que son audition n'avait pas été satisfaisante et que des questions additionnelles sont nécessaires.

Face à la commission des Affaires étrangères, Olivér Várhelyi s'est présenté, jeudi matin, en commençant par rappeler son passé: "Je suis né en Hongrie communiste, des membres de ma famille ont été victimes de persécutions après 1956 (insurrection de Budapest, NDLR), la révolution brutalement réprimée par l'armée soviétique et le régime communiste. C'est ce qui a formé ma conscience depuis mon enfance".

Négociations d'adhésion

Reconnaissant que les objectifs des Etats membres et de l'Union divergent parfois, le Hongrois s'est immédiatement positionné sur la question de l'ouverture de négociations formelles d'adhésion avec la Macédoine du Nord et l'Albanie, un point qui est récemment resté bloqué au niveau du Conseil européen.

"Nous devons ouvrir des négociations d'adhésion (...). Parallèlement, nous avons également besoin d'un processus d'adhésion plus efficace et d'une phase préparatoire centrée sur l'obtention plus rapide de résultats tangibles pour les citoyens dans leur vie quotidienne", a-t-il expliqué.

Des parlementaires ont questionné le candidat plus avant sur ce dossier, s'inquiétant de sa capacité à promouvoir l'État de droit dans les pays des Balkans occidentaux qui se dirigent vers l'adhésion. La Hongrie est en effet elle-même régulièrement pointée du doigt par Bruxelles pour la détérioration de l'Etat de droit à l'intérieur de ses frontières.

Le commissaire désigné à l'élargissement a tenté de rassurer les eurodéputés, promettant qu'il travaillerait en totale "indépendance" vis-à-vis du gouvernement du Premier ministre Viktor Orban. "Je ne prendrai aucune instruction d'aucun gouvernement ou d'aucune institution (...) Je suivrai la politique de l'UE et uniquement cette politique", a déclaré le candidat de Budapest, actuellement ambassadeur auprès de l'UE pour son pays.

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