Comment on a déboulonné la statue de Saddam Hussein

Le New Yorker publie le témoignage du lieutenant colonel Bryan Mc Coy de l'armée américaine sur un moment riche de symbolique de la guerre en Irak : le déboulonnage de la statue de Saddam Hussein à Bagdad, le 9 avril 2003.

Cette histoire se passe 20 jours après le début de l'invasion. L'officier américain mène son bataillon dans le centre de la capitale irakienne. Il doit faire route vers l'hôtel Palestine, qui sert de quartier général aux journalistes, et qui situé sur Firdos Square. Au milieu de cette place trône une statue monumentale de Saddam Hussein. Arrivés sur place, les soldats du lieutenant colonel Mc Coy voient un petit groupe d'Irakiens qui sont rassemblés autour de la statue et qui tentent de l'abattre en s'aidant d'une masse et d'une corde. C'est alors que quelques photographes de presse et des équipes de télévisions arrivent. La tête de Saddam est recouverte d'un drapeau américain. Finalement, c'est une grue des marines qui vient à bout du monument, comme des millions de téléspectateurs dans le monde ont pu le voir en direct.

"Donnons-leur un coup de main"

Cet événement avait à l'époque été interprété comme le symbole de la prise du centre de Bagdad par les troupes américaines ou par la fin de la guerre en Irak, ou encore par la représentation du bonheur des Irakiens "enfin libérés".

Par la suite certains ont affirmé que cet événement avait été scénarisé et mis en scène par l'armée américaine dans un but de propagande. Si l'on en croit le lieutenant colonel McCoy, la réalité était différente : "J'ai réalisé que c'était une grosse affaire. Vous aviez toute la presse là-bas et tout le monde était dans l'ivresse du moment. Vous aviez l'impression de revivre Paris en 1944. Je me souviens avoir pensé que, puisque les médias regardaient les Irakiens tentant de renverser cette icône de Saddam Hussein, donnons-leur un coup de main."

En revanche, s'il n'était pas intervenu, "on aurait eu des images d'Irakiens tapant comme des malades sur ce machin en vain et, éventuellement, s'en désintéresser puis rentrer à la maison. Il y avait un élan, une atmosphère de libération. Il fallait prolonger cet élan."

 

A.L.

Lire le récit complet (en anglais) dans "The New Yorker"

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