Comment la frontière Norvège/Suède pourrait servir d'exemple au Brexit

Sur la route reliant les capitales d’Oslo et de Stockholm, un nouveau système de vérification digitale a été mis en place dans le but d’accélérer voir même de passer outre le processus de douane à la frontière.
Sur la route reliant les capitales d’Oslo et de Stockholm, un nouveau système de vérification digitale a été mis en place dans le but d’accélérer voir même de passer outre le processus de douane à la frontière. - © ASERUD, LISE - BELGAIMAGE

46 jours avant que le Brexit rentre en vigueur, de nombreuses inconnues sont toujours sur la table des négociations. Notamment, comment instaurer une frontière entre la République d’Irlande, membre de l’UE et l’Irlande du Nord, intégrée au Royaume-Uni. Et si la réponse se trouvait dans la frontière Norvège/Suède ?

Historiquement, la frontière irlandaise a été le théâtre de violences durant des décennies pendant la période des "Troubles", le conflit nord-irlandais. Aujourd’hui, le passage libre des populations et des marchandises à travers la frontière démontre une volonté de paix de l’Irlande du Nord et l’UE veut protéger l’accord du "Vendredi Saint" qui a largement mis fin au conflit. 

L’UE propose de garder le Royaume-Uni dans son union douanière, ce qui empêcherait le retour d’une “frontière dure”, jusqu’à ce qu’une meilleure solution soit trouvée. Certains politiciens pro-Brexit jugent toutefois que cela empêcherait le Royaume-Uni de conclure de nouveaux accords internationaux. 

Un nouveau système douanier 

La solution pourrait se trouver chez nos voisins nordiques, la Norvège et la Suède. La Norvège est membre de l’Espace Economique Européen (EEE) ce qui lui permet d’accéder au marché européen et la plupart des marchandises sont exemptées de taxe. Cependant, tout ce qui passe la frontière doit être déclaré à la douane.

Au bureau de douane d’Orje, sur la route reliant les capitales d’Oslo et de Stockholm, un nouveau système de vérification digitale a été mis en place pour accélérer voir même passer outre le processus de douane à la frontière. "Nous connaissons le numéro de plaque, le conducteur, le genre de biens qu’il transporte, nous connaissons tout, explique Nina Bullocks, douanière en chef à Orje à The Associated Press. Il passe près de deux caméras et continue. Il ne devra pas s'arrêter au bureau de douane." Ce processus permet aux officiers de douane d’évaluer le risque avant même que le véhicule atteigne la frontière. 

Pour le moment, seules 10 entreprises suédoises participent au projet, ce qui représente un nombre faible comparé aux 400 à 450 camions qui passent par le point de contrôle, mais ce nombre augmentera si le projet fonctionne bien.

 

 

Un projet prometteur mais faillible 

Depuis le lancement du projet, il y a six mois, certains problèmes ont enrayé son bon fonctionnement : la neige qui obstrue les caméras, des soucis de Wi-Fi pour soulever la barrière de trafic ou des conducteurs qui ne savent pas quelle voie utiliserLe chef de section de douane Hakon Krogh justifie que c’est un projet pilote qui prend du temps à peaufiner pour que tout fonctionne sans accroc.  

Au bureau de douane de Svinesund, à 90 kilomètres au sud d’Orje, 1300 camions passent la frontière tous les jours avec des chargements venant de toute l'Europe. Kristen Hoiberget, chef de section, suit le programme d’Orje avec intérêt mais il souligne des problèmes systémiques. Les échanges internationaux sont souvent assez complexes : "C’est facile pour un système digital de gérer des biens uniformes, le gestionnaire. Si le camion ne transporte qu’un seul type de marchandise, c’est moins compliqué mais lorsque le camion transporte des biens de dix endroits à l’étranger, la complexité augmente rapidement." 

Il explique que la plupart des informations d’exportation sont disponibles digitalement mais les douanes et exportateurs utilisent tous des systèmes informatiques différents. "Une frontière sans ralentissement doit être plus mature et nécessiterait beaucoup de législations, ajoute Hoiberget." 

Une solution future à un problème imminent?

Le ministre d’Etat de l’Irlande du Nord, John Penrose a déclaré : "Tout le monde est d’accord que nous devons éviter une “frontière dure” en Irlande du Nord et que la technologie jouera un rôle important."  Un avis nuancé par Sabine Weyand qui tweete : “Est-ce que la technologie peut régler le problème de la frontière Irlandaise ? En bref : pas dans les quelques années qui viennent. 

 

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