Colonies: Israël autorise 900 logements à Jérusalem-est

C'est une nouvelle épine dans le pied de la diplomatie américaine que vient de planter le gouvernement israélien en permettant d'accroître la présence juive dans ce quartier de la partie annexée de Jérusalem.

"La commission de planification et de construction (du ministère) a autorisé la construction de 900 logements dans le quartier de Gilo", situé à Jérusalem-Est, a déclaré un responsable du ministère. Ce plan s'inscrit dans une politique de long terme d'Israël pour tenter d'inverser la démographie de Jérusalem-Est et pour assurer une continuité territoriale de peuplement juif.

Construit sur des terres palestiniennes confisquées, le quartier de Gilo, situé près de Bethléem (Cisjordanie), compte plus de 30 000 habitants et fait partie de la ceinture du "Grand Jérusalem" bâtie par Israël pour renforcer son contrôle sur Jérusalem-Est.

Rejet du "gel" demandé par les Etats-Unis

L'émissaire spécial américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, avait fait savoir lundi à des collaborateurs de Benyamin Netanyahu que ce projet risquait de provoquer des tensions avec les Palestiniens et de porter atteinte aux chances d'une reprise des négociations, a précisé la radio.

Benyamin Netanyahu a aussitôt rejeté cette demande en soulignant que Gilo faisait "partie intégrante de Jérusalem" et qu'il n'avait aucune intention d'y limiter la construction de logements. Le Premier ministre a également souligné que ce genre de projet privé ne nécessitait pas d'autorisation du gouvernement.

La partie orientale de Jérusalem, où vivent quelque 200 000 Israéliens installés dans une douzaine de nouveaux quartiers ainsi que 270 000 Palestiniens, a été conquise durant la guerre de 1967 puis annexée. Cette annexion n'a jamais été reconnue par la communauté internationale.

Confusion

Le gouvernement israélien, qui s'était engagé à de minimes concessions en suspendant "temporairement" la construction de nouveaux logements dans les colonies existantes, avait cependant pris soin d'en exclure Jérusalem-Est. La décision intervient au moment où la confusion rêgne dans l'administration américaine à propos de la politique à adopter envers Israël. D'abord ferme et exigeant le gel de toute colonisation, Barack Obama s'est ensuite contenté d'appeler Israël à la "mesure"... avant de rappeler un peu plus tard la position officielle de son administration.

Pour certains,le gouvernement de Benyamin Netanyahu, dont le ministre de l'Intérieur est le patron du parti ultra-orthodoxe séfarade Shass, teste ainsi la position de son allié américain. Mais ce faisant, le gouvernement israélien rend plus difficile encore la perspective d'une réouverture des négociations israélo-palestiniennes pourtant souhaitée de toutes parts.

C'est du reste la teneur de la première réaction américaine. L'autorisation donnée par les autorités israéliennes est "consternante", a déclaré mardi Ian Kelly, le porte-parole du département d'Etat américain. "Nous estimons que cette action rend le succès de nos efforts plus difficile. Nous protestons contre cela et contre d'autres pratiques relatives au logement à Jérusalem, notamment les expulsions et démolitions de maisons palestiniennes qui ont lieu régulièrement", a ajouté Ian Kelly lors d'un point de presse. 
"Notre position concernant Jérusalem est claire: nous considérons que la question du statut permanent de Jérusalem doit être résolue par les négociations entre les deux parties", israélienne et palestinienne, a-t-il dit.

 

Thomas Nagant avec Belga et AFP

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