Colombie : Uribe et les milices paramilitaires

Dans le même temps, Alvaro Uribe a réaffirmé jeudi son refus d'accorder le statut de force belligérante à la guérilla des Farc, une hypothèse émise la veille par son homologue équatorien Rafael Correa. "Dans une démocratie, on ne peut pas reconnaître le statut de force belligérante à un groupe violent", a affirmé Alvaro Uribe, dans une déclaration à la radio colombienne RCN. "Il est impossible d'imaginer dans le monde qu'un groupe terroriste puisse bénéficier" de ce statut, a-t-il poursuivi, en réagissant aux propos de Rafael Correa. Plusieurs conditions sont nécessaires pour prétendre au statut de force belligérante : les rebelles doivent contrôler un territoire, avec une force armée organisée qui respecte les codes de la guerre, les conventions de Genève sur la protection des victimes de guerre. Le scandale de l'infiltration des groupes paramilitaires dans les structures du pouvoir prend pourtant de l'ampleur. Deux jours après l'incarcération de son cousin pour ses liens présumés avec les milices d'extrême-droite, le président a confirmé jeudi l'ouverture d'une enquête à son encontre, suite au témoignage d'un détenu qui le met en cause dans un massacre de paysans perpétré il y a onze ans. "Un homme condamné à la prison a déclaré en novembre 1997, alors que je terminai mon mandat de gouverneur du département d'Antioqua (centre-ouest), que je l'avais rencontré avec Salvatore Mancuso (chef paramilitaire) pour préparer le massacre d'Aro (nord-ouest)", a précisé M. Uribe à la radio privée RCN. "De plus, il a ajouté que le l'avais remercié pour avoir libéré six otages dont mon cousin", a poursuivi le chef de l'Etat, qui avait révélé la veille l'existence de cette enquête. M. Uribe s'en est ensuite pris à la justice, affirmant que cette affaire pouvait "faire beaucoup de mal à la Colombie". Les magistrats ne doivent pas "accorder de crédibilité à tous ces bandits et les encourager à accuser les gens honnêtes", a-t-il averti. Ces nouveaux développements risquent d'enterrer définitivement la signature du Traité de libre commerce avec les Etats-Unis à laquelle s'opposent les Démocrates qui dénoncent les assassinats de syndicalistes par les paramilitaires et les liens étroits entre ces milices et le pouvoir.

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