Colombie: la justice demande aux Farc de réitérer leur engagement envers la paix

La notification s'adresse à 31 dirigeants de l'ex-guérilla marxiste visés par une procédure pour enlèvements.
La notification s'adresse à 31 dirigeants de l'ex-guérilla marxiste visés par une procédure pour enlèvements. - © LUIS ROBAYO - AFP

Le système de justice créé en Colombie pour juger les crimes du conflit armé a demandé ce jeudi aux ex-chefs guérilleros Farc de rappeler leur engagement envers l'accord de paix de 2016, à la suite de la disparition de plusieurs d'entre eux.

La Juridiction spéciale pour la paix (JEP) entend "notifier aux membres Farc cités à comparaître qu'ils présentent, dans dix jours, un rapport dans lequel ils réitèrent leur engagement envers le processus de paix", a déclaré la présidente de la JEP, Patricia Linares, lors d'une conférence de presse.

La notification s'adresse à 31 dirigeants de l'ex-guérilla marxiste visés par une procédure pour enlèvements, la première lancée par la JEP contre l'ancienne rébellion, transformée en parti politique sous le nom de Force alternative révolutionnaire commune (Farc).

Dans ce rapport, ces ex-commandants guérilleros devront aussi "décrire en détails les activités entreprises pour leur réintégration à la vie civile et s'ils ont effectué des tâches humanitaires relatives à la localisation des restes" de disparus du conflit, a indiqué la JEP dans un communiqué.

Le N°2 des Farc introuvable

La mission de l'ONU, chargée de superviser la réincorporation des anciens rebelles, a averti la semaine dernière que six leaders Farc avaient abandonné les zones de réinsertion et "leurs responsabilités envers les quelque 1500 ex-combattants qui y résident".

Le gouvernement du président Ivan Duque a pris ses fonctions le 7 août et promis de modifier l'accord de paix selon lui trop indulgent envers les ex-chefs guérilleros. Il a également demandé des explications sur l'absence de certains d'entre eux.

La notification de la JEP vise entre autres le n°2 Ivan Marquez ainsi que Hernan Velasquez, alias "El Paisa", dont la localisation actuelle est inconnue. Ivan Marquez, qui devait occuper l'un des dix sièges parlementaires attribués par l'accord de paix, a renoncé à son mandat de sénateur, arguant de la "défiguration" du pacte signé avec le précédent président, Juan Manuel Santos.

Des peines alternatives pour les criminels repentants

Des médias ont avancé que les ex-guérilleros avaient rejoint des dissidents des Farc ou fui au Venezuela, ce qui a été nié par le nouveau parti qui les a appelés à s'expliquer. Les ex-chefs Henry Castellanos alias "Romaña" et José Benito Cabrera alias "Fabian Ramirez", qui avaient également disparu pendant plusieurs jours, ont réitéré cette semaine leur engagement envers le processus de paix.

L'accord prévoit des peines alternatives à la prison pour les acteurs du conflit armé qui avouent leurs crimes, dédommagent les victimes et s'engagent à ne plus recourir à la violence.

La Farc a dénoncé des manquements des autorités dans l'application du pacte, notamment dans les ressources promises pour la réincorporation des ex-guérilleros et leur sécurité.

Archive : JT 23/08/2016

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