Collaboration entre NASA et entreprises privées: y a-t-il danger?

Elon Musk, patron de Space X à gauche, en compagnie du patron et d'astronautes de la NASA
Elon Musk, patron de Space X à gauche, en compagnie du patron et d'astronautes de la NASA - © JOEL KOWSKY - AFP

Le lancement et l'arrimage réussi de la nouvelle capsule de Space X à l'ISS ces 2 et 3 mars marque un véritable tournant dans l'histoire du voyage spatial. Pour la première fois, une société privée s'est occupée de la conception et de la construction d'un système de transport spatial. En avril, ce sera au tour de Boeing de lancer sa propre capsule, le Starliner, toujours en collaboration avec la NASA. On le voit, le secteur privé est devenu un acteur incontournable de l'accès à l'espace, mais constitue-t-il une menace pour l'avenir? Les experts rassurent.

Service clé sur porte

Pierre Coquay, directeur du service spatial à la Politique Scientifique fédérale précise d'emblée qu'à la NASA ou à l'ESA, l'agence européenne, on a toujours collaboré avec l'industrie. "En règle générale, les agences spatiales s'occupent du design et demandent aux entreprises privées de s'occuper de la construction, explique-t-il. La grande différence ici, c'est que la NASA a demandé à Space X et Boeing un service clé sur porte. Ces entreprises sont chargées de développer et de réaliser des lanceurs pour amener des astronautes à la station spatiale internationale."

Matthias Piens, responsable de la communication, ajoute que les critères de sécurité garantis pour les futurs astronautes de Space X seraient d'ailleurs plus stricts que ceux utilisés à l'époque du shuttle de la NASA. Visiblement, la recherche de bénéfice ne risque donc pas de passer avant la sécurité dans ce type de collaboration.

D'autant que Space X ou Boeing jouent gros dans cette affaire et qu'ils ont tout intérêt à ce qu'aucun problème ou accident ne vienne entacher leur image.

Démarche commerciale vs subventions publiques

Du côté de la Politique Scientifique belge, on nous fait aussi remarquer qu'on reproche souvent aux programmes spatiaux européens d'être trop étatiques et subventionnés alors que les collaborations de la NASA avec Space X et Boeing seraient trop commerciales.

"Mais il ne faut pas oublier que Space X à reçu des milliards de la NASA pour concrétiser leur lanceur", rappelle Pierre Coquay. Depuis 2010, la NASA a en effet accordé plus de 3 milliards de dollars de contrats à Space X et 4,8 milliards au groupe Boeing. De l'argent public qui est donc investi dans le privé là où l'Europe investit directement beaucoup d'argent dans le nouveau lanceur Ariane 6. Quant à savoir quel système est le plus efficace, difficile de répondre.

Se concentrer sur les objectifs Lune et Mars

Pour la NASA, l'opération permettrait surtout de se concentrer sur de grands projets à long terme vers la Lune et vers Mars. "C'est là leur véritable objectif, insiste Pierre Coquay. Pour pouvoir s'y consacrer pleinement, ils se détachent de l'orbite basse en passant le relais à ces entreprises privées."

Pour ces projets lointains, l'agence spatiale américaine travaille de façon plus classique en collaboration notamment avec l'agence spatiale européenne. D'ici 2020, la capsule ORION devrait ainsi effectuer son premier vol non-habité avant un vol habité en 2021. Ce vaisseau spatial conçu par la NASA permettra de transporter un équipage à destination de la Lune. Avec Mars, l'un des objectifs principaux de l'agence américaine pour les années à venir.

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