Climat: relance des négociations sur le financement

Peu avant le début du "Dialogue de Genève" de deux jours, la responsable chargée du climat à l'ONU, Christiana Figueres, a lancé un cri d'alarme sur la nécessité de débloquer les négociations qui piétinent depuis le dernier grand rendez-vous de Copenhague en décembre 2009.

Les nouvelles de l'été, les inondations historiques au Pakistan et les incendies en Russie, "nous ont crié qu'un avenir de désastres climatiques mondiaux intenses n'est pas l'avenir que nous souhaitons", a expliqué Christiana Figueres au cours d'un point de presse.

"Nous ne pouvons nous permettre une augmentation des désastres de cette sorte", a-t-elle insisté, estimant que les gouvernements avaient pris conscience de "l'urgence" de la situation.

A trois mois de la prochaine grande conférence de l'ONU sur le climat au Mexique, il y a un sentiment "grandissant" de l'urgence d'avancées à Cancun, a assuré la responsable.

Des divisions subsistent

Les gouvernements "sont plus près d'une forme d'accord, mais restent divisés sur son contenu", a-t-elle reconnu.

La rencontre de Genève fera, à cet égard, figure de "test décisif" d'autant qu'elle concerne un des points-clés des négociations, l'aide aux pays les plus vulnérables qui sont également les premières victimes des changements climatiques.

Le thème offre, selon l'expert de l'ONG Oxfam Romain Bennichio, une occasion idéale de contourner les autres sujets qui fâchent et de rétablir la confiance après "la cassure" de Copenhague.

"Il y a peu de changements sur les réductions d'émission à court terme à attendre cette année. Le seul dossier qui peut avancer, c'est la question du financement", relève ainsi Romain Bennichio.

Même si la réunion, dont le Mexique (qui dirige la prochaine conférence de l'ONU de décembre) a pris l'initiative, reste informelle et qu'aucune décision officielle ne doit en ressortir, elle offre la possibilité de montrer aux pays en développement qu'"il y a une véritable volonté d'avancer et de respecter les promesses qui ont été faites", ajoute-t-il.

Argent nouveau ou recyclage de l'aide au développement ?

A commencer par le déblocage par les pays industrialisés d'une enveloppe de 30 milliards de dollars pour 2010-2012 promise à Copenhague. Les ONG craignent que l'argent ne soit ponctionné sur l'aide au développement contrairement aux promesses d'argent frais.

Christiana Figueres n'a pas exclu cette possibilité pour 2010, arguant que les pays avaient déjà fixé leur budget pour l'année au moment de leur engagement. Mais ceci ne devrait être que temporaire, a-t-elle laissé entendre.

Cette délicate question ne sera pas le seul point chaud au menu de la quarantaine de ministres de l'Environnement ou secrétaire d'Etat invités à Genève, représentant notamment les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Brésil, l'Inde, l'Union européenne, la France, le Japon et l'Arabie saoudite.

Ces derniers aborderont également à huis clos les modalités de création du nouveau fonds pour le climat, l'implication du secteur privé, la coordination des différentes sources de financement, ainsi que les nouvelles sources d'aide.

Un rapport préparé par le Groupe consultatif sur les nouvelles sources de financements doit être présenté en avant-première.

Consciente de l'ampleur de la tâche, la Suisse se montre modeste quant aux résultats à attendre : "nous serons très contents" si on détermine "quelles solutions peuvent potentiellement marcher et celles qui ne le peuvent pas", a ainsi commenté le négociateur suisse, Franz Perrez.


AFP

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK