Climat: les objectifs de l'accord de Paris se sont encore un peu plus éloignés en 2018, déplore l'ONU

Climat: Les objectifs de l’accord de Paris se sont encore un peu plus éloignés en 2018, déplore l’ONU
Climat: Les objectifs de l’accord de Paris se sont encore un peu plus éloignés en 2018, déplore l’ONU - © FEDERICO GAMBARINI - AFP

Les concentrations de CO 2 et d’autres gaz à effet de serre dans l’atmosphère ont à nouveau atteint un record en 2018, comme l’année précédente. L’augmentation a même été un peu supérieure à la moyenne sur les dix dernières années, a exprimé l’Onu hier à Genève.  

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont encore augmenté en 2018 pour atteindre un nouveau record, hypothéquant un peu plus l’objectif principal de l’accord de Paris sur le climat qui est de contenir le réchauffement de la planète bien en deçà de 2 °C et si possible à 1,5 °C, selon un rapport de l’ONU publié mardi, à une semaine du coup d’envoi de la COP25 à Madrid (2 au 13 décembre).

Les concentrations de dioxyde de carbone calculées par l'OMM (l'organisation mondiale de météorologie) sont de près de 408 parties par million (ppm), contre 405,5 l’année précédente. Cette extension est très proche de celle observée de 2016 à 2017. La dernière valeur en CO 2 comparable remonte à deux à trois millions d’années. La concentration actuelle est à 150 % de celle de l’époque préindustrielle.

Les concentrations de méthane, deuxième gaz à effet de serre le plus important, ont également augmenté à 1869 parties par milliard (ppb) au total, plus de 250 % de son niveau à l’époque préindustrielle.

Le CO 2 , qui constitue deux tiers de l’impact des gaz à effet de serre, reste dans l’atmosphère pendant des centaines d’années et encore plus longtemps dans les océans. Il est largement responsable du changement climatique, mais aussi de la hausse du niveau des mers et de l’intensité des situations météorologiques extrêmes. En près de trente ans, l’effet de ces gaz sur le climat a augmenté de 43 %.

Réduction de 7,6% des émissions par an

Un véritable déraillement qui ne pourra être corrigé qu’en atteignant un pic des émissions dès "maintenant" et en diminuant celles-ci drastiquement les prochaines années. "Cela se traduit par une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 2,7% par an entre 2020 et 2030 pour l’objectif de 2 °C et de 7,6% par an pour l’objectif de 1,5 °C", résume le rapport annuel du Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE). Ce document annuel, dont c’est la 10e mouture, évalue l’écart entre les efforts climatiques actuels et ceux qui devraient être faits pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris.

En d’autres termes, le niveau des engagements pris jusqu’ici par les États devra approximativement être triplé pour atteindre l’objectif de 2 °C et au moins quintupler pour tenir l’objectif d’1,5°C.

Tout délai rendra encore plus inaccessibles les objectifs de l’accord de Paris, prévient le rapport.

L’année 2020 sera décisive à cet égard puisqu’un cycle de révision à la hausse des engagements nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre est prévu l’année prochaine, pour la COP26 à Glasgow.

Agir maintenant

Mais le rapport du PNUE "montre que les pays ne peuvent tout simplement pas attendre jusqu’à la fin 2020 pour agir davantage. Les pays – et chaque ville, région, entreprise et individu — doivent agir maintenant", avertit la directrice exécutive du programme onusien pour l’environnement, Inger Andersen, citée dans un communiqué.

Selon le rapport spécial des scientifiques du Giec publié l’an dernier, un réchauffement mondial supérieur à 1,5 °C se traduirait par des phénomènes météo extrêmes (vagues de chaleur, cyclones…) plus intenses et plus fréquents.

À court terme, les pays développés devront réduire leurs émissions plus rapidement que les pays en voie de développement, mais tous les États devront contribuer à l’effort collectif. Il ne s’agira pas pour les pays développés d’exporter leurs activités émettrices de gaz à effet de serre vers des pays en voie de développement, "les empreintes devront chuter, ce qui signifie des changements de mode de vie", met encore en garde le PNUE.

Archives : Journal télévisé du 27/11/18

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