Climat, coronavirus, Justice sociale… Cinq mesures que Joe Biden veut prendre pour son premier jour à la Maison-Blanche

Climat, coronavirus, justice sociale…5 mesures de Joe Biden pour son premier jour à la Maison-Blanche
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Climat, coronavirus, justice sociale…5 mesures de Joe Biden pour son premier jour à la Maison-Blanche - © JIM WATSON - AFP

Joe Biden veut agir vite, déterminé à envoyer un signal fort et tourner la page de l’administration de son prédécesseur. La constitution américaine lui en offre l’opportunité. Par décret. Nul besoin de passer par les votes du Congrès, un gain de temps considérable. Ron Klain, le chef de cabinet du nouveau président américain annonce la signature mercredi d’une douzaine de décrets. Voici cinq premières mesures très concrètes que prendra Joe Biden dès son arrivée à la Maison-Blanche.

Revenir dans l’accord de Paris, le pacte global destiné à réduire les émissions de carbone

Joe Biden l’a martelé pendant toute sa campagne : la lutte contre le changement climatique sera la grande priorité de son administration. Donald Trump avait officiellement quitté l’accord le 4 novembre dernier. Le gouvernement Biden le rejoindra donc très vite après en avoir notifié sa volonté à l’ONU. En revanche, la mise en place du plan de 1700 milliards de dollars promis par Biden pour permettre aux États-Unis d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 prendra plus de temps.


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Enterrer le projet très controversé de l’oléoduc Keystone XL

Lancé en 2008, ce chantier de 8 milliards de dollars porté par le groupe canadien TC Energy prévoit la construction d’un gigantesque pipeline de quelque 2000 kilomètres pour relier la province canadienne de l’Alberta à l’État américain du Nebraska. Ecologistes, tribus amérindiennes et éleveurs se battent contre le projet depuis plus d’une décennie. Ils dénoncent les déforestations prévues, les risques de fuite de pétrole et le passage sur des réserves naturelles et des terres aux mains des autochtones.

En 2015, Barack Obama avait bloqué le projet. Donald Trump, dès son arrivée au pouvoir l’avait relancé. Opposant de longue date à ce chantier, Joe Biden entend y mettre définitivement fin malgré les protestations du gouvernement canadien et plus particulièrement du Premier ministre de l’Alberta qui se dit extrêmement préoccupé par les choix du nouvel occupant de la maison blanche.

Réintégrer l’Organisation mondiale de la Santé 

C’était une promesse de campagne : "Les Américains sont plus en sécurité quand l’Amérique s’engage pour renforcer la santé mondiale. Le premier jour de ma présidence, je rejoindrai l’OMS et réaffirmerai notre leadership mondial ".

Donald Trump avait accusé l’OMS d’avoir caché l’ampleur de l’épidémie de Covid-19 et d’avoir été instrumentalisée par la Chine. Alors, en avril dernier, en pleine pandémie, le président suspendait la contribution américaine à l’organisation et claquait la porte dans la foulée. Un départ très critiqué vu son timing et ses conséquences.

L’OMS, privée de son plus gros contributeur, perdait ainsi 15% de son budget total. Mais le retrait américain ne devait être effectif qu’à partir du 6 juillet prochain, soit un an après son annonce. De quoi laisser à Joe Biden le pouvoir de l’annuler dès son entrée à la Maison-Blanche.

Cependant, il ne manquera certainement pas d’examiner le rapport d’experts indépendant remis aujourd’hui à l’OMS et qui remet en cause la responsabilité de l’organisation et de la Chine dans la propagation de la maladie qui a jusqu’ici fait 2.031.048 morts dans le monde.

Pour ces experts, "des mesures de santé publique auraient pu être appliquées plus énergiquement par les autorités chinoises" en janvier et l’OMS aurait dû se réunir bien "avant la troisième semaine de janvier" pour discuter d’une "urgence de santé publique de portée internationale".

Imposer le port du masque dans tous les bâtiments fédéraux et lors des déplacements entre Etats

En pleine campagne pour la présidentielle, Joe Biden a beaucoup critiqué la gestion de crise sanitaire par Donald Trump. Toujours protégé d’un masque, le candidat démocrate avait été très clair sur sa position : "Les masques sauvent des vies. Point barre". Actuellement, une trentaine d’États seulement ont instauré des obligations de porter le masque mais Joe Biden veut agir au plus vite au niveau fédéral.

 

Supprimer l’interdiction d’entrée dans le pays de ressortissants musulmans

Quelques jours seulement après son entrée en fonction en janvier 2017, Donald Trump promulguait un décret anti-immigration pour les citoyens de plusieurs pays à majorité musulmane. Notamment, le Yémen, l’Iran ou encore la Syrie. La mesure avait ensuite été étendue à la Corée du Nord, le Vénézuela et le Nigéria. Elle sera annulée par nouveau décret présidentiel mercredi. Joe Biden dévoilera par ailleurs une proposition de mesure qui devrait permettre à des milliers d’immigrés clandestins d’obtenir la citoyenneté américaine.

 

Outre ces 5 premières initiatives, Joe Biden enchaînera sur une série d’autres décrets, tous signés d’ici au 1er février, soit durant les dix premiers jours de sa présidence. "Le président élu Biden va agir, pas seulement pour réparer les dégâts les plus sérieux du gouvernement Trump", précise Ron Klain le futur chef de cabinet, "mais aussi pour permettre au pays d’avancer."

JT du 15/01/2021

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