Climat : Biden va quasiment doubler l'objectif américain de réduction des émissions, le Japon vise 46%

Joe Biden va dévoiler jeudi lors de son sommet virtuel sur le climat le nouvel objectif des Etats-Unis contre le réchauffement afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre d’entre 50 et 52% d’ici 2030 par rapport à 2005, a annoncé un responsable américain.

Cet objectif double quasiment l’ancien engagement de Washington d’une diminution de 26% à 28% à l’horizon 2025.

"Cette annonce va être faite durant le sommet des dirigeants sur le climat que le président Biden organise, afin de mettre le monde au défi de relever ses ambitions et combattre la crise climatique", a dit ce responsable américain.

Objectif ambitieux

Cet objectif, qui se veut ambitieux, est la contribution américaine pour espérer participer à maintenir le réchauffement mondial sous les +2 °C, si possible +1,5 °C, par rapport à l’ère préindustrielle, comme le prévoit l’accord de Paris conclu en 2015.

Il doit permettre de tenir une autre promesse de Joe Biden, de neutralité carbone de l’économie américaine d’ici 2050, a assuré le responsable, sans toutefois détailler à ce stade les mesures secteur par secteur pour y parvenir.


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Joe Biden a rejoint dès le début de son mandat en janvier cet accord clé international dont son prédécesseur Donald Trump avait claqué la porte.

Moteur de la lutte contre le réchauffement climatique

Il veut maintenant, avec son sommet, se poser en moteur de la lutte mondiale contre le réchauffement climatique, pressant les autres grands pays pollueurs, à commencer par la Chine, d’accélérer leur propre cadence en vue de la grande conférence de l’ONU, la COP26 prévue à Glasgow, en Ecosse, à la fin de l’année.

Le nouvel objectif des Etats-Unis "nous donne des moyens de pression significatifs" pour "pousser à l’action climatique à l’étranger", a plaidé un autre responsable américain.

Avec les nouvelles annonces faites ces derniers jours ou que doivent faire jeudi le Japon, le Canada, l’Union européenne ou le Royaume-Uni, des pays "qui comptent pour plus de la moitié de l’économie mondiale" auront désormais pris des engagements de réduction des émissions, en ligne, en ce qui les concerne, avec l’objectif planétaire de réduction du réchauffement, a-t-il estimé.

Japon : 46%

Le Japon a lui relevé jeudi son objectif de réduction de ses émissions de CO2 à 46% à l’horizon 2030 par rapport à leurs niveaux de 2013, contre une cible précédente de 26%, a annoncé le Premier ministre Yoshihide Suga.

"Nous voulons baisser nos émissions de gaz à effet de serre de 46% dans l’année fiscale 2030 (démarrant le 1er avril 2030, ndlr) comparé à l’année fiscale 2013", a déclaré M. Suga lors d’une réunion.

Cette annonce de la troisième économie mondiale est intervenue peu avant le début d’un sommet virtuel mondial sur le climat organisé par les Etats-Unis.

Le Japon était en 2019 le cinquième plus gros pays émetteur de CO2 au monde, derrière la Chine, les Etats-Unis, l’Inde et la Russie, selon la plateforme en ligne Global CO2 Atlas.

L’archipel nippon est toujours très dépendant des énergies fossiles (gaz naturel qu’il importe sous forme liquéfié, et charbon notamment), d’autant qu’il limite grandement son recours à l’énergie nucléaire depuis la catastrophe de Fukushima en 2011.

M. Suga avait annoncé l’an dernier un objectif de neutralité carbone à horizon 2050 pour le Japon, s’alignant ainsi sur le calendrier de l’Union européenne, mais sans avoir encore détaillé plusieurs grandes étapes pour y parvenir.

Le Japon compte réviser prochainement sa feuille de route énergétique à horizon 2030. Il devrait significativement relever la part des énergies renouvelables dans sa production d’électricité, actuellement fixée à 22-24% à cette échéance.

UE : 55%

Une quarantaine de chefs d’Etat, dont le Chinois Xi Jinping, le Russe Vladimir Poutine ou encore le Français Emmanuel Macron, doivent participer au sommet sur le climat organisé jeudi et vendredi par le président américain Joe Biden, dont la lutte contre le réchauffement climatique est l’un des grands axes de son programme politique. Mercredi, l’Union européenne s’est engagée à une réduction nette d’au moins 55% de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990.

Mais en l’état, ce même objectif reste globalement hors de portée à ce stade.

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