Cisjordanie: deux Palestiniens tués par l'armée israélienne

Mahmoud Abbas a répété qu'il condamne également l'enlèvement des trois jeunes Israéliens, étudiants d'écoles religieuses juives, et il s'est engagé à une coopération totale de ses services de sécurité pour les retrouver.

Il a néanmoins fermement condamné les exactions perpétrées par l'armée israélienne, tout en interpellant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sur "le meurtre d'adolescents palestiniens de sang-froid", dans une interview publiée dimanche par le quotidien israélien Haaretz.

 La réponse de Benjamin Netanyahu ne s'est pas faite attendre : "Nous n'avons aucune intention de porter atteinte à quiconque mais nos forces recourent à l'autodéfense nécessaire et de temps à autre, il y a des victimes du côté palestinien résultant de l'action de légitime défense de nos soldats".

Le président israélien Shimon Peres a salué le "courage" de M. Abbas qui a condamné à plusieurs reprises l'enlèvement, et a estimé devant des représentants internationaux de médias juifs que le président palestinien était "le meilleur partenaire (pour la paix) qu'Israël n'ait jamais eu". "Nous ne devons pas manquer l'occasion de faire la paix avec lui", a averti Shimon Peres, qui quittera ses fonctions fin juillet.

Notons que c'est Reuven Rivlin, plus faucon que colombe, qui a été élu pour succéder à Shimon Peres. 

 

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Mahmoud Abbas condamne les meurtres de sang-froid, tout en faisant montre de bonne volonté dans l'affaire de l'enlèvement des jeunes israéliens. © ABBAS MOMANI - BELGAIMAGE

Une opération anti-Hamas

L'offensive israélienne, qui vise également à démanteler les infrastructures du Hamas en Cisjordanie, constitue le plus important déploiement israélien depuis la fin de la deuxième Intifada en 2005 dans ce territoire palestinien occupé.

Tôt dimanche, Ahmad Saïd Fahmaoui, 27 ans, souffrant de troubles mentaux a été tué par l'armée parce qu'il s'est selon elle approché des soldats "de manière menaçante" et n'a pas obtempéré aux sommations ni aux coups de semonce.

A Ramallah, un homme de 30 ans, Mohammad Tarifi, a été tué par balle par des soldats israéliens, qui ont également blessé cinq autres Palestiniens.

Un cinquième Palestinien, un homme de 20 ans grièvement blessé vendredi à la tête, était en état de mort clinique dans un hôpital israélien, selon sa famille. Et à Naplouse (nord), un homme de 60 ans a succombé dans la nuit à une crise cardiaque alors que l'armée fouillait les abords de son domicile.

340 suspects

L'armée israélienne a annoncé avoir arrêté au total plus de 340 suspects au cours de cette opération, en grande majorité des membres du mouvement islamiste Hamas, accusé par Israël de l'enlèvement du 12 juin, qui n'a cependant pas fait l'objet de revendication jugée crédible.

 

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Un soldat israélien lors d'une opération à Ramallah, le 22 juin. © ABBAS MOMANI - BELGAIMAGE

"D'après nos informations, l'hypothèse de travail est que les jeunes sont en vie", a déclaré dimanche le porte-parole de l'armée, le général Motti Almoz, même si des médias locaux ont fait état de recherches dans les puits, réservoirs d'eau, grottes et crevasses de la région de Hébron.

Signe d'un ressentiment croissant de la population contre la coordination de sécurité avec Israël défendue et assumée par Mahmoud Abbas, des jeunes Palestiniens ont lancé des pierres contre un poste de la police palestinienne à Ramallah, selon un photographe de l'AFP.

Les forces de sécurité palestiniennes ont d'ailleurs remis dimanche aux forces israéliennes la carcasse d'un petit drone israélien qui selon l'armée s'était écrasé sur Hébron après un "dysfonctionnement technique", ont relaté les médias locaux.

Dimanche après-midi, quatre Palestiniens ont été blessés par l'armée israélienne, dont un jeune touché par balle à une jambe, lors de heurts à Beit Ommar près de Hébron, ont indiqué des sources médicales à l'AFP.

Les principales ONG israéliennes de défense des droits de l'Homme ont envoyé dimanche une lettre commune au ministre de la Défense Moshé Yaalon pour dénoncer "des violations inutiles des droits fondamentaux" des Palestiniens, victimes selon elles d'une "punition collective" après l'enlèvement des trois Israéliens.

AFP

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