Cinq ans après les JO de Londres, c'est la désillusion dans l'ex-village olympique

Pour toutes les villes qui ont accueilli les Jeux olympiques, la reconversion des coûteuses installations est un peu comme un test grandeur nature, surveillé par le monde entier. Cinq ans après le faste et les médailles, qu'est devenu le village olympique de Londres, sorti de terre dans le cadre des Olympiades de 2012 ? La capitale britannique avait promis, à peine la flemme éteinte, de transformer ce village en nouveau quartier avec, sur le papier, des milliers de logements sociaux. Mais aujourd'hui, les autorités désirent attirer une classe plus aisée.

Tout avait pourtant commencé comme un rêve éveillé. Il y a 5 ans, Londres accueillait des milliers d'athlètes durant plus de deux semaines. Pour les loger, un nouveau village avait été construit. L'occasion de repenser l'est de la ville avec un slogan : "Des lits pour les athlètes, puis des maisons pour les Londoniens."
Après les jeux, un nouveau quartier sort de terre grâce à 380 millions d'euros d'investissements. Mais aujourd'hui, les loyers flambent.

"Ce que je louais était un rêve, mais ils l'ont rendu de moins en moins accessible", explique Sharon O'Callaghan-Evans, une ancienne résidente d'un logement social dans le parc olympique. Cette infirmière habitait au 3e étage d'un immeuble flambant neuf. Mais après un an de location, son loyer a bondi de 25%. Aujourd'hui, elle a dû quitter Londres. "A coup de pennies, ils m'ont éjectée de mon foyer et de ma communauté. Ils ont éjecté mon fils de son école", déplore-t-elle.

60% de SDF en plus qu'il y a 5 ans

Siân Berry, présidente du comité Logement de l'Assemblée de Londres, l'organe de l'Autorité du Grand Londres chargé de contrôler l'action du maire de Londres, confirme : "Il y a de plus en plus de logements, mais la question est : 'qui peut les louer ou les acheter ?'"

Ce qui devait être un quartier résidentiel est devenu un lieu tendance. Mais Londres peine à dissimuler ses pauvres : dans le quartier, les sans-domicile-fixe sont 60% plus nombreux qu'il y a 5 ans. "Tout ce qui est bâti ici est acheté par les riches, remarque David Burrett, sans domicile fixe depuis 8 ans. Les gens qui ont des moyens savent que cela devient un quartier à la mode."

"Si les conditions de logement ne sont pas meilleures pour les gens dans cette partie de la ville, on peut dire que nous aurons raté notre mission", conclut Siân Berry.

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