Christchurch: les proches des disparus doivent se préparer au pire

Des victimes du séisme de Christchurch, le 25 février 2011
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Des victimes du séisme de Christchurch, le 25 février 2011 - © AFP

Les proches des plus de 200 disparus dans le séisme de Christchurch doivent se préparer au pire, ont prévenu vendredi les autorités trois jours après la catastrophe naturelle la plus meurtrière depuis 80 ans en Nouvelle-Zélande.

"On se dirige vers la fin de la période pendant laquelle on peut encore nourrir de l'espoir", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Murray McCully. "Les efforts de sauvetage tirent à leur fin", a-t-il ajouté, alors que des centaines de secouristes continuaient de s'activer sous la pluie.

Les dernières des 70 personnes tirées vivantes des décombres l'ont été mercredi. Depuis, aucun signe de vie n'a été détecté et 228 personnes sont portées disparues.

Une morgue temporaire accueillait les corps des 113 morts, un bilan qui fait de ce tremblement de terre la pire catastrophe naturelle survenue en Nouvelle-Zélande depuis 80 ans.

Le clocher de la cathédrale de Christchurch, un bâtiment emblématique de la ville construit à la fin du XIXe siècle, s'est effondré et ses ruines recouvrent, selon les secours, les corps de 22 personnes.

"Ce sont des jours très très sombres pour la Nouvelle-Zélande", a déclaré le Premier ministre, John Key, qui dit toutefois garder un peu d'espoir "pour essayer de trouver des gens qui auraient survécu et qui seraient piégés dans les décombres".

Une partie de Christchurch, la deuxième ville du pays, était toujours sans eau ni électricité.

Exode et pillages

Bon nombre de ses 390.000 habitants ont fui et quelques maisons abandonnées ont été pillées. Des escrocs se sont fait passer pour des fonctionnaires, afin de pénétrer dans des logements pour les cambrioler, a raconté la police.

"Je suis profondément dégouté par les gens qui voient dans cette catastrophe une occasion de s'attaquer à des personnes vulnérables", a déclaré un responsable de la police, Russell Gibson, sur la radio nationale néo-zélandaise.

Le commandant du district Dave Cliff a également rapporté une nette hausse des troubles en état d'ébriété, au sein d'une population traumatisée par ce deuxième tremblement de terre, six mois après un premier séisme qui n'avait fait par miracle aucune victime.

En centre-ville, parmi les immeubles les plus détruits figure celui qui abritait les locaux de la télévision régionale et d'une école de langue pour étudiants étrangers. Cent-vingt personnes seraient ensevelies à cet endroit.

Le stade de rugby de Christchurch, qui doit accueillir plusieurs rencontres de la prochaine Coupe du monde de rugby en Nouvelle-Zélande, a été fermé jusqu'au 15 mars pour évaluer les dégâts consécutifs au séisme.

"Nous avons des dégâts mineurs et réparables sur les structures ainsi que des dégâts importants dans les rues avoisinantes et probablement sur les infrastructures", a indiqué à l'AFP Bryan Pearson, directeur général de Vbase, l'exploitant du stade.

Le rapport d'évaluation doit être rendu le 15 mars afin de déterminer si le AMI Stadium peut accueillir des rencontres de la Coupe du monde.

Avec l'arrivée de Chinois et de Britanniques, le nombre des secouristes atteignait vendredi plus de 600, mais leur travail était rendu difficile par la pluie et les répliques.

La quasi-totalité du centre-ville, l'endroit le plus touché, a été inspecté et les secours s'attaquent désormais aux lieux plus calmes et plus éloignés, a indiqué le ministre de la Défense civile John Carter.

"Ils cherchent dans des lieux un peu plus éloignés du centre, où des gens auraient pu se rendre pour déjeuner et être fauchés par des chutes de pierres", a-t-il déclaré.

Le séisme s'est produit à la mi-journée, alors que le centre-ville et les quartiers voisins grouillaient de monde.

"Nous n'allons pas entendre de bonnes nouvelles ces prochains jours", a prévenu le maire de Christchurch, Bob Parker.

Les proches des plus de 200 disparus dans le séisme de Christchurch doivent se préparer au pire, ont prévenu vendredi les autorités trois jours après la catastrophe naturelle la plus meurtrière depuis 80 ans en Nouvelle-Zélande.

AFP
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