Chine: nombre record de "candidats Twitter" aux prochaines élections

Le Parti communiste règne sans partage depuis 90 ans.
Le Parti communiste règne sans partage depuis 90 ans. - © EPA - ADRIAN BRADSHAW

Quelque 150 opposants au régime vont tenter de bousculer le géant communiste en se présentant aux prochaines élections législatives. Un record rendu possible grâce au Net et en particulier à Weibo, l'équivalent chinois de Twitter.

Depuis 1988, quelques opposants téméraires défient le tout-puissant parti communiste chinois en se présentant aux scrutins. Sans réel succès pour le moment.

Mais le prochain scrutin (présidentiel et législatif) pourrait bouleverser quelque peu la donne. Si les premiers rôles ne devraient pas échapper à l'inamovible parti communiste, les opposants rêvent de récolter quelques postes "secondaires". Ce qui s'apparenterait déjà à une véritable victoire pour ces candidats dissidents.

Ces élections au suffrage universel, qui se déroulent tous les cinq ans, verront en effet un nombre record de candidats "non-communistes" se présenter devant l'électeur. À l'heure actuelle, près de 150 candidatures ont en effet été enregistrées à travers tout le pays. Ces opposants tenteront de décrocher, dans leur district respectif, le poste de représentant local au Congrès du Peuple.

"Ils devront réfléchir avant de m'arrêter"

Yao Bo est certainement le plus connu des candidats réfractaires. Ce journaliste et blogueur se sait suivi de près par les services de renseignement mais estime ne pas devoir craindre une éventuelle arrestation. "En Chine, je suis désormais plus célèbre que Ai Weiwei (...) Donc ils seront obligés de réfléchir à deux fois avant de m'arrêter", glisse-t-il.

L'homme avoue avoir déjà songé à se présenter lors du dernier scrutin, en 2006. "Mais je n'avais pas assez de canaux d'expression et je n'étais pas encore assez connu", précise Yao Bo.

Ce qui a changé en quelques années, c'est l'explosion d'Internet et surtout la création, voici deux ans, de Weibo, le Twitter chinois.

Victoire hautement symbolique

"Maintenant, le gouvernement n'a plus le monopole de la diffusion des informations, cela va dans les deux sens. Internet permet l'émergence d'une société civile et fédère les gens qui ont de l'énergie", se réjouit Yao Bo.

Mais les candidats ne sont pas dupes: leur éventuelle élection ne changera pas la face de la Chine et ils ne pourront sans doute pas mettre en œuvre les nombreuses réformes dont ils rêvent. Mais sur le plan symbolique, ces victoires pourraient donner des idées aux millions d'internautes chinois en vue des élections de 2017.

PIAB (avec rue89)
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