Chine: les glissements de terrain font plus de 1100 morts

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Les glissements de terrain du week-end dernier dans le Gansu, dans le nord-ouest de la Chine, ont fait 1117 morts, ont annoncé mercredi les autorités locales, révisant ainsi nettement à la hausse le précédent bilan de 702 morts.

A l'approche d'une nouvelle tempête tropicale, les sauveteurs chinois s'activaient pour vider un lac menaçant, formé après les glissements de terrain.

Dans une région isolée de cette province du nord-ouest de la Chine, où un tiers de la population est tibétaine, près de 10 000 soldats et membres des secours poursuivaient la recherche harassante du moindre signe de vie, à travers des montagnes de boue.

Un homme de 50 ans a été retrouvé dans son habitation pleine de boue.

Mais 72 heures après la catastrophe survenue samedi, il y a bien peu d'espoir de retrouver d'autres survivants, alors que le bilan des morts a doublé mardi, à 702.

"Les glissements de terrain sont plus dévastateurs que les tremblements de terre", a estimé un secouriste cité par l'agence Chine Nouvelle. "Il ne reste qu'1% de chance de trouver des survivants".

Tandis que s'annoncent de nouvelles pluies torrentielles, à l'approche du typhon Dianmu qui vient de balayer la Corée du Sud, les soldats ont recours à des excavateurs et aux explosifs pour dégager les débris qui obstruent la rivière Bailong.

Les monceaux de roches et de décombres retiennent l'eau et ont créé une barrière naturelle, qui, si elle venait à céder, pourrait provoquer une nouvelle catastrophe, selon Chine Nouvelle.

La population tente de survivre

Les autorités provinciales, qui disent avoir déjà fait baisser de moitié le niveau du lac artificiel, ont fait évacuer les zones les plus exposées.

La population tente, elle, tout bonnement de survivre. Des dizaines de milliers d'habitants manquent de nourriture et d'eau potable tandis que de nombreuses routes d'accès aux zones sinistrées sont endommagées, rendant difficiles les approvisionnements.

Il est par ailleurs difficile d'installer des tentes pour les sinistrés sur un sol instable, a indiqué Zhang Hongdong, un membre de la Croix-Rouge, cité par Chine Nouvelle.

"Nous avons des tentes, mais pas de place pour les installer", a-t-il déclaré.

Tel un long convoi funéraire, une noria de secouristes transportent les cadavres sur des brancards, a constaté une journaliste de l'AFP. Plus loin, à un croisement, des cercueils s'entassent sur une charrette.

Dans une morgue improvisée, sous la chaleur étouffante, reposent une dizaine de corps, avant d'être identifiés. Ils sont tous recouverts, sauf un. En raison de l'odeur insupportable, certains survivants se couvrent le nez, d'autres s'en vont aussitôt.

Des coulées de boues de 5 kilomètres sur 500 mètres de large

Les coulées de boue ont recouvert une zone de cinq kilomètres de long et 500 mètres de large, les eaux boueuses ayant atteint par endroit le 3e étage des bâtiments.

De nombreuses maisons et des voitures ont été ensevelies, des routes et des ponts coupés dans cette région qui a déjà payé un lourd tribut lors du séisme du Sichuan voisin en 2008.

Les sinistrés qui ont perdu leur maison recevront une aide à la reconstruction, a assuré mardi le ministère des Affaires civiles.

Des centaines de personnels médicaux ont été envoyés sur place ainsi que des spécialistes de la prévention des épidémies.

Le ministère de la Santé a indiqué mardi qu'aucune épidémie n'avait pour le moment été constatée.

Yang Long, un médecin installé dans une clinique de fortune, dans une école de Zhouqu, indique qu'il a soigné des adultes et des enfants pour des diarrhées.

Des pluies torrentielles ont fait depuis le début de l'année en Chine plus de 2.100 morts ou disparus et provoqué l'évacuation de 12 millions de personnes dans le sud, le centre et plus récemment le nord-est.

AFP

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