Chine: les condamnations de dissidents se poursuivent

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Tandis que l'appel du dissident Liu Xiaobo, condamné à 11 ans de prison fin 2009, sera examiné jeudi, un autre dissident, Tan Ruozen, a été condamné à 5 ans de prison pour "subversion du pouvoir de l'Etat". Il dénonçait notamment la répression des manifestations de 1989.

Tan Zuoren, a été condamné mardi à cinq ans de prison pour "subversion du pouvoir de l'Etat" en raison de ses critiques de la répression du mouvement démocratique de juin 1989, a annoncé son avocat.

Tan Zuoren, 55 ans, avait été arrêté au début de l'année dernière alors qu'il enquêtait sur le sujet sensible des milliers d'enfants tués dans les écoles détruites durant le séisme au Sichuan. Il avait déjà comparu devant les juges en août dernier dans la capitale de la province, Chengdu. 
"Il a été condamné pour incitation à la subversion du pouvoir de l'Etat à cinq ans de prison et trois ans de privation de ses droits politiques, il n'y a pas eu de charges concernant les histoires du tremblement de terre, toutes les poursuites étaient liées au 4 juin (1989)", a déclaré à l'AFP l'un de ses avocats Pu Zhiqiang, joint par téléphone. 
Pour son avocat, le verdict "élude l'essentiel pour ne s'arrêter qu'à des bagatelles". 
Tan Zuoren avait notamment publié des textes sur les événements sanglants de la place Tienanmen en juin 1989, sur des sites internet. La critique de la répression du mouvement démocratique demeure un tabou absolu pour le pouvoir.
Mais selon les organisations des droits de l'Homme, l'arrestation de Tan, au début de l'année 2009, était plutôt liée à son enquête sur la qualité de construction des écoles dans le Sichuan, qui s'étaient effondrées durant le séisme de mai 2008, faisant officiellement 5335 morts parmi les élèves. Les autorités locales sont vivement critiquées par les victimes du tremblement de terre pour avoir fermé les yeux sur la mauvaise qualité de construction des bâtiments publics et s'être laissé corrompre.

L'épouse de Liu Xiaobo se prépare au pire
Cette nouvelle condamnation, qui apparaît comme une manifestation  supplémentaire du raidissement des autorité face aux contestations internes intervient au moment où l'appel du dissident chinois Liu Xiaobo, condamné en décembre à 11 ans de prison pour subversion après avoir appelé à la démocratisation de la Chine, va être examiné. C'est son avocat, Ding Xikui, qui l'a annoncé mardi. "Le verdict de l'appel est attendu jeudi matin à la Haute cour de Pékin", a-t-il dit
à l'AFP.
La femme du dissident, Liu Xia, a indiqué vouloir assister à l'énoncé avec son frère. "Je me prépare au pire", a-t-elle dit. "Quand on ne s'attend à rien, on ne peut pas être déçue", a-t-elle ajouté. 
Chef de file de la dissidence chinoise, Liu Xiaobo, 54 ans, a été condamné le jour de Noël à 11 ans de prison par un tribunal de Pékin, également pour "subversion du pouvoir de l'Etat" après avoir été l'un des auteurs de la "Charte 08", un texte réclamant une Chine démocratique. Il avait fait appel de cette condamnation. 
Le verdict, considéré comme très lourd par les organisations de défense des droits de l'homme, a été unanimement critiqué par les principales puissances occidentales, qui n'ont cessé d'appeler à la libération de Liu Xiaobo, sans parvenir jusqu'ici à faire fléchir Pékin.

T.N. avec Belga
      
     

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