Chine: le dalaï lama et l'ONU mettent la pression sur la question du Tibet

Le leader des Tibétains en exil, le dalaï lama, exhorte la Chine au changement d'attitude
Le leader des Tibétains en exil, le dalaï lama, exhorte la Chine au changement d'attitude - © AFP PHOTO/Toru YAMANAKA

Le dalaï lama dénonce lundi au Japon "la censure et les brutalités" pour faire taire les voix discordantes en Chine et appelle les futurs dirigeants du pays à changer de méthodes. Mais la Chine se raidit: elle a réagi négativement à un autre appel, lancé par l'ONU. La question du Tibet reste un tabou.

"L'ère Hu Jintao est finie. Xi Jinping va devenir président. Je pense qu'il n'y a pas d'alternative sauf s'il y a un changement politique", a déclaré le leader spirituel tibétain à Yokohama, au troisième jour d'une visite de douze jours au Japon.

A partir de jeudi, réuni en congrès à Pékin, le parti communiste chinois va se choisir un nouveau chef pour les dix prochaines années. Un poste qui, sauf coup de théâtre, reviendra à l'actuel vice-président, Xi Jinping.

Le futur président n'aura "pas d'autre choix" que d'accepter le changement dans les années à venir, a ajouté le prix Nobel de la paix, aujourd'hui âgé de 77 ans.

"Hu Jintao avait commencé à bâtir une société harmonieuse et stable. Mais pour avoir une société stable, il faut réduire le fossé entre riches et pauvres. Et vous avez besoin d'une justice indépendante, d'une presse libre et de l'état de droit", a encore déclaré le dalaï lama.

La question tibétaine irrite toujours autant Pékin

Loin de répondre à l'appel du dalaï lama, Pékin choisit plutôt de rendre coup pour coup. Ainsi, la Chine a exprimé lundi son "vif mécontentement" après que le Haut commissaire des Nations unies pour les droits de l'Homme a appelé Pékin à répondre d'urgence aux frustrations des Tibétains, dont plusieurs se sont immolés par le feu ces derniers jours.   

"Nous avons fait part de notre vif mécontentement et de notre opposition ferme à ce soi-disant communiqué sur le Tibet", a déclaré Hong Lei, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. "L'immense majorité des gens dans les régions tibétaines (chinoises) sont satisfaits de leurs conditions de vie actuelles", a-t-il ajouté. Navi Pillay, Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'Homme, s'est déclarée vendredi préoccupée "par les accusations continuelles de violences à l'encontre de Tibétains cherchant à exercer leurs droits fondamentaux à la liberté d'expression, d'association et de religion".    Dans un communiqué, elle avait relevé "les informations sur des détentions et des disparitions, sur l'usage excessif de la force contre des manifestants pacifiques et la répression des droits culturels des Tibétains". "Il faut faire plus pour protéger les droits de l'Homme et empêcher les violations", avait déclaré Navi Pillay, appelant Pékin "à respecter le droit de rassemblement pacifique et d'expression, et à libérer toutes les personnes détenues pour avoir simplement exercé ce droit".

La "libération pacifique" toujours contestée par les Tibétains

La Chine affirme avoir "libéré pacifiquement" le Tibet et amélioré le sort de sa population en finançant le développement économique de cette région pauvre et isolée. Mais de nombreux Tibétains considèrent qu'il s'agit d'une occupation et ne supportent plus ce qu'ils considèrent comme une domination grandissante des Han, l'ethnie ultra-majoritaire en Chine, et la répression de leur religion et de leur culture. Près de soixante personnes, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolées par le feu ou ont tenté de le faire depuis début mars 2011 dans les zones tibétaines.

RTBF avec agences

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