Chine: l'épouse du dissident Hu Jia menacée d'expulsion de son domicile

Affiche géante du dissident chinois Hu Jia, Prix Sakharov 2008, sur la façade du Parlement européen, le 1er décembre 2008 à Bruxelles
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Affiche géante du dissident chinois Hu Jia, Prix Sakharov 2008, sur la façade du Parlement européen, le 1er décembre 2008 à Bruxelles - © Dominique Faget (archives AFP)

L'épouse du dissident chinois emprisonné Hu Jia, censé être libéré le 26 juin, a annoncé jeudi à l'AFP que les autorités tentaient de l'expulser, ainsi que sa fille, de leur logement dans le sud de la Chine.

Plusieurs opposants et militants des droits de l'Homme récemment libérés de prison en Chine ont immédiatement été assignés à domicile, parfois avec leur famille, la police chinoise prolongeant ainsi de fait leur peine de prison sans cadre légal.

C'est pour éviter un tel sort que Zeng Jinyan, la femme de Hu Jia, est partie de Pékin pour s'installer en avril à Shenzhen, grande ville méridionale située en face de Hong Kong, a-t-elle expliqué à l'AFP.

"Il semble aujourd'hui qu'il n'existe pas une seule chance que je puisse rester", a-t-elle déclaré, en relatant que les autorités faisaient pression sur le propriétaire de son logement pour qu'elle et sa fille en soient expulsées.

La police à Pékin a indiqué à Zeng Jinyan qu'il était improbable que son mari puisse mener une vie "normale" après sa libération, une phrase qu'elle a interprétée comme l'annonce voilée de sa prochaine assignation à résidence.

"Je crois que rien de bon ne va se produire (après sa libération)", a confié Zeng Jinyan. "Je peux seulement faire tout mon possible pour tenter d'éviter l'arrestation ou la détention".

"Je retournerai à Pékin pour accueillir Hu Jia", a-t-elle poursuivi. "Mais d'abord je veux organiser quelque chose afin que ma fille ne soit pas assignée à résidence avec moi".

Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, s'est ému mercredi des "menaces d'expulsion forcée" pesant contre Zeng Jinyan.

Hu Jia, qui s'est vu décerner le prix Sakharov "pour la liberté de pensée" en 2008 par le Parlement européen, s'est attiré les foudres de Pékin en s'engageant dans la défense des malades du sida, de l'environnement et de la liberté d'expression.

AFP
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