Chili: Negro Matapacos, le chien errant devenu le symbole de tout un peuple

Negro Matapacos s’attaquant aux forces de l’ordre, "jamais aux manifestants".
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Negro Matapacos s’attaquant aux forces de l’ordre, "jamais aux manifestants". - © MARIO TELLEZ - AFP

Negro Matapacos c’est un chien errant noir que les manifestants du Chili ont vêtu d’un foulard rouge. Ce chien errant est devenu le symbole national de la résistance. Lui, le chien errant, comme eux les manifestants, se retrouvent tous dans la rue face à un gouvernement qui voudrait les chasser sans autre forme de procès.

Le chien devient la métaphore du manifestant. Et aussi un "porte-bonheur" qui "protège" contre les violences policières. On trouve de nombreuses images de Negro Matapacos s’attaquant aux forces de l’ordre, "jamais aux manifestants". Aujourd’hui, Negro Matapacos est de toutes les manifs. Que ce soit à travers des affiches, des sculptures ou autre, il est le symbole de la résistance du peuple.

C’est d’ailleurs ce qui est inscrit en légende de son compte Instagram qui compte environ 50.000 abonnés : "symbole de la résistance étudiante. En 2010 avec les manifestations étudiantes massives, une légende est née, le symbole du peuple."

Il est décédé en 2017. Mais à l’heure où des manifestations se poursuivent depuis le mois d’octobre et où les répressions policières se veulent de plus en plus importantes, le symbole du chien errant est de retour… Toujours du côté des manifestants.

Matapaco, histoire d’une légende

C’est dans la capitale du Chili, Santiago, que Negro Matapacos s’est fait connaître, pendant les manifestations de 2010, auprès des étudiants des universités. Il attaquait les Carabiniers du Chili, et est devenu la coqueluche des manifestants.

La décennie qui suit-il est de toutes les manifestations. S’il est considéré par les étudiants comme un chien errant, il est en fait adopté en 2009 par Maria Campos. C’est elle qui, d’abord, lui attachait un foulard rouge autour du cou. Une tradition que les étudiants poursuivent encore aujourd’hui sur leurs compagnons de manifestation. Maria Campos avait aussi pour habitude de bénir le chien chaque fois qu’il sortait manifester.

En 2013, trois étudiants réalisent un documentaire sur leur symbole, Matapaco. Negro Matapacos est désormais massivement suivi sur les réseaux sociaux. Et s’il est décédé en 2017, sa légende demeure.

Le chien errant, symbole intemporel de la résistance

En octobre 2019, de nouvelles manifestations embrasent le Chili. C’est l’augmentation du prix du ticket de métro dans la capitale qui déclenche la fronde et embrase le pays. C’en est trop. Et même si la mesure est abandonnée, le mouvement s’amplifie.

Quelques jours plus tard le gouvernement déclenche l’état d’urgence et une sévère répression par les forces de l’ordre est organisée. Le Chili détient le triste record mondial de blessures oculaires, des lésions souvent causées par les armes de la police. En octobre 2019, au tout début du mouvement, Amnesty international parlait déjà 15 morts, 1400 personnes détenues dont 181 mineurs et plus de 80 personnes blessées par balle.


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Alors dans ce contexte particulièrement tendu de répressions policières, les manifestants, plus que jamais, ont eu besoin de leur symbole de résistance. Comme un étendard, la figure de Negro Matapacos s’est retrouvée partout. Pancartes, affiches, tatouages… Une statue du chien errant a même été érigée à Santiago et une sculpture géante est régulièrement transportée dans les cortèges, aux côtés des manifestants.

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