"Chasse aux sorcières" : Amnesty dénonce le gel de ses comptes en Inde et suspend ses activités dans le pays

"Chasse aux sorcières" : Amnesty dénonce le gel de ses comptes en Inde et suspend ses activités dans le pays
"Chasse aux sorcières" : Amnesty dénonce le gel de ses comptes en Inde et suspend ses activités dans le pays - © Sebastian Kahnert - BELGAIMAGE

Amnesty International a annoncé mardi suspendre ses activités en Inde après le gel de ses comptes bancaires dans le cadre de ce que l’ONG qualifie de "chasse aux sorcières" contre les groupes de défense des droits humains.

Les organisations non gouvernementales assurent de longue date subir un harcèlement de la part de l’administration du Premier ministre nationaliste indien Narendra Modi, en raison de leur dénonciation des violations des droits humains, notamment au Cachemire indien.

Amnesty explique avoir appris le 10 septembre que ses comptes bancaires indiens avaient été gelés, l’obligeant à se séparer d’employés et à mettre en pause toutes ses campagnes en cours ainsi que son travail de recherche.

"C’est le dernier développement en date d’une incessante chasse aux sorcières du gouvernement indien à l’encontre des organisations de défense des droits humains sur la base d’accusations infondées", déclare l’ONG dans un communiqué.


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Pour Amnesty, le gel de ses comptes n’est "pas un accident", après la publication par l’ONG d’une série de rapports comportant des accusations de "graves violations des droits humains" incriminant la police lors des émeutes confessionnelles à New Delhi en février, ainsi que les forces de sécurité au Cachemire indien.

"Traiter les organisations de défense des droits humains comme des entreprises criminelles, et des individus exprimant leur désaccord comme des criminels, sans aucune preuve crédible constitue une tentative délibérée […] d’entretenir un climat de peur et d’éliminer les voix critiques en Inde", estime Avinash Kumar, directeur général d’Amnesty en Inde.

"Cela empeste la peur et la répression, ignore le coût humain de ces mesures en particulier durant une pandémie et viole les droits fondamentaux des gens à la liberté de parole et d’expression, de réunion et d’association garantis par la Constitution indienne", ajoute-t-il, cité par le communiqué.

Le gouvernement indien n’a pas commenté dans l’immédiat l’annonce d’Amnesty.

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