Charlie Hebdo: manifestation monstre prévue dimanche à Paris

Les chefs des gouvernements anglais, allemand, italien, espagnol, et belge, David Cameron, Angela Merkel, Matteo Renzi, Mariano Rajoy et Charles Michel, ont annoncé leur participation, de même que le président en exercice du Conseil européen Donald Tusk, et celui de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. Le président ukrainien Petro Porochenko a également annoncé sa venue.

"Tous les citoyens peuvent venir", a déclaré François Hollande qui va participer à la manifestation de dimanche.

La Fédération internationale des journalistes (FIJ), représentant 600 000 journalistes dans plus de 130 pays dans le monde, participera également à la manifestation.

La grande "marche républicaine" se tiendra également à l'appel de la quasi totalité des dirigeants politiques, syndicaux et religieux. Des rassemblements sont aussi prévus dans plusieurs grandes villes du pays, dont Bruxelles.

Les représentants de la communauté musulmane, qui rassemble 4 à 5 millions de Français, ont exprimé avec force leur solidarité. Le Conseil français du culte musulman (CFCM), ainsi que l'UOIF (proche des Frères musulmans) ont appelé les musulmans "à rejoindre massivement la manifestation".

Après la tuerie au siège de Charlie Hebdo mercredi, il s'agira aussi de rendre hommage aux victimes de deux attaques sanglantes commises par un autre jihadiste, une première qui a couté la vie à une policière jeudi dans une ville limitrophe de la capitale, et vendredi dans un supermarché casher à Paris, où quatre otages sont décédés.

Plus de 5500 forces de l'ordre seront mobilisées pour encadrer l'événement.

À l'occasion de cette marche, tous les billets restants pour se rendre à Paris à partir de Bruxelles dimanche sont par ailleurs proposés à 29 euros par Thalys, soit le prix le plus bas que propose la compagnie. Il en va de même pour le trajet retour, uniquement pour le dimanche et en deuxième classe. Une vingtaine de trains rouleront dimanche aller-retour entre Bruxelles et Paris.

L'émotion a dépassé les frontières de l'Union européenne

"Les Etats-Unis sont à vos côtés", a déclaré ce vendredi soir Barack Obama. Le président américain a affiché avec force la solidarité des Etas-Unis envers la France après les fusillades commises par trois jihadistes à Paris ces derniers jours, mettant en avant les "valeurs universelles" qui lient les deux pays, comme la "liberté".

Le président rwandais, Paul Kagame, qui entretient des relations tendues avec la France, a également présenté ses condoléances à la France et aux familles des victimes. "Nous exprimons nos condoléances et celles de notre pays à la Nation et aux familles de ceux qui ont perdu des vies à Paris mercredi", a déclaré le président Kagame à l'occasion d'une cérémonie de vœux au corps diplomatique à Kigali.

Israël s'est ainsi ému de "l'offensive terroriste" qui "ne vise pas seulement le peuple français ou les juifs de France, mais tout le monde libre", selon les mots de son ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, qui a évoqué une nouvelle "tentative de la part des forces du mal qu'incarne l'islamisme radical pour infliger la peur et la terreur à l'Occident". Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a appelé la France à maintenir un niveau de sécurité élevé pour les institutions juives.

Ses deux ennemis historiques, l'Iran et le Hezbollah libanais, ont également condamné sans ambages. "La violence et le terrorisme sont condamnables, que ce soit dans les pays de la région, en Europe ou aux Etats-Unis", a déclaré le président iranien Hassan Rohani. Lors de la prière du vendredi à Téhéran, l'ayatollah conservateur Ahmad Khatami a estimé que "l'islam ne permet pas qu'on tue un innocent, que ce soit à Paris, en Syrie, en Irak, au Yémen, au Pakistan ou en Afghanistan".

Sans évoquer le massacre à Charlie Hebdo, le chef du Hezbollah chiite libanais Hassan Nasrallah a condamné le "comportement de certains groupes terroristes qui se revendiquent de l'islam" qui "ont porté atteinte au prophète et aux musulmans plus que ne l'ont fait leurs ennemis (...), plus que les livres, les films et les caricatures ayant injurié le prophète".

Le président cubain Raul Castro a aussi fait parvenir un message de condoléances à François Hollande. La Corée du Nord a aussi exprimé "sa profonde sympathie" aux familles des victimes.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, "soulagé" que les auteurs des attentats aient été tués, à souhaité "courage" M. Hollande "pour surmonter cette tragédie".

Quelques rassemblements ce samedi

L'émotion reste vive dans le monde entier. Vendredi soir, quelque 500 personnes ont ainsi respecté une minute de silence dans la capitale bulgare Sofia. A Bruxelles, environ 150 personnes ont formé un grand cercle sur une place du centre-ville, tenant des pancartes "Je suis Charlie", brandissant un stylo ou tenant une bougie. A Istanbul, des dizaines de journalistes se sont rassemblés. A Washington, la Chambre des Représentants s'est recueillie en silence.

Quelques 600 personnes, bougies à la main, ont également participé vendredi soir à Rabat à un "sit-in de deuil et de solidarité". L'appel à ce rassemblement, sobre et sans slogan - hormis des pancartes "Je suis Charlie" -, avait été lancé par des personnalités de la société civile, "journalistes, écrivains, artistes, citoyens de tous bords, marocains et vivant au Maroc"

"Nous souhaitions exprimer notre indignation face à l'innommable: s'en prendre à des personnes qui s'expriment par la plume. C'est une ligne infranchissable", a déclaré l'écrivain Driss Ksikes, un des instigateurs de la manifestation. Un autre appel à un sit-in a été lancé pour samedi, à Casablanca, la capitale économique.

Comme l'avait fait le président américain Obama à l'ambassade de France à Washington jeudi, le prince britannique Harry a signé vendredi un registre en mémoire des victimes. Un hommage du même ordre a été rendu par le Premier ministre japonais Shinzo Abe à Tokyo, et par le Portugais Pedro Passos Coelho à Lisbonne.

La mobilisation devrait se poursuivre bien au-delà de Paris dans les prochains jours : dimanche, à Vienne est prévu un rassemblement "Ensemble contre le terrorisme" avec les communautés religieuses du pays, et une marche silencieuse se tiendra lundi à Berlin à l'appel de plusieurs organisations musulmanes.

RTBF avec Belga

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