Charles Michel, Jean-Claude Juncker, Donald Tusk: vague de réactions après le rejet de l'accord sur le Brexit

Charles Michel, Jean-Claude Juncker, Donald Tusk: vague de réactions après le rejet de l'accord sur le Brexit
Charles Michel, Jean-Claude Juncker, Donald Tusk: vague de réactions après le rejet de l'accord sur le Brexit - © Tous droits réservés

C'était un vote attendu depuis plusieurs jours. À l'issue d'un plaidoyer de Theresa May, la Première ministre britannique a lancé un dernier appel au Parlement. En vain puisque 432 parlementaires ont voté contre ce texte, pour seulement 202 en faveur. Le projet d'accord sur le Brexit est donc rejeté, ce qui n'a pas manqué de faire réagir parmi les dirigeants de l'Union.

"Le gouvernement se prépare", prévient Charles Michel

Le gouvernement fédéral "se prépare et prend des mesures concrètes" en prévision d'une éventuelle absence d'accord (no deal) sur le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, a indiqué mardi soir le Premier ministre Charles Michel sur Twitter, peu après le rejet par le parlement britannique de l'accord sur le Brexit négocié avec les Européens. "La balle est plus que jamais dans le camp des Britanniques", a précisé le chef du gouvernement fédéral à Belga.

"Les 27 ont affirmé que l'accord sur la table était le seul possible. C'est désormais aux Britanniques d'assumer les conséquences de leur choix", a-t-il poursuivi. Selon le Premier ministre en affaire courante, un hard brexit (sans accord, ndlr) peut encore être évité.

Le gouvernement fédéral reste pleinement mobilisé pour défendre les droits des citoyens et des entreprises, a-t-il précisé.

Le ministre-président flamand Geert Bourgeois a quant à lui plaidé pour un report de la date de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, prévue le 29 mars. Afin d'éviter le chaos, il convient de donner plus de temps à la négociation, a-t-il estimé, peu après le rejet par le parlement britannique de l'accord de retrait négocié entre le gouvernement de Theresa May et les Européens.

L'article 50 du Traité sur l'UE permet de modifier le délai de sortie des Britanniques de l'UE, a rappelé M. Bourgeois.

40.000 emplois menacés en Belgique, selon la FEB

"Il faut éviter à tout prix que la crise du Brexit débouche sur un scénario 'no-deal' désastreux et déraisonnable où les Britanniques quittent l'UE sans accord de séparation, sans phase transitoire ni perspective quant à une relation future durable avec l'UE", a réagi l'administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), Pieter Timmermans, après que les députés de la Chambre des Communes ont rejeté jeudi soir l'accord sur le retrait du Royaume-Uni de l'UE.

Un Brexit sans accord, impliquant des prélèvements et contrôles douaniers, serait un coup particulièrement dur pour l'économie belge, souligne la FEB, rappelant une étude de la KU Leuven selon laquelle un tel scénario pourrait coûter à la Belgique 2,3% de son produit intérieur brut et plus de 40.000 emplois.
 

"L'UE va rester unie", dit Michel Barnier

"Il appartient maintenant au gouvernement britannique de dire quelle est la prochaine étape. L'UE va rester unie et déterminée à trouver un accord", a déclaré le négociateur en chef des Européens, Michel Barnier, devant des journalistes aux parlement européen à Strasbourg.

Jean-Claude Juncker demande des clarifications

"Le rejet par le parlement britannique de l'accord négocié sur le Brexit a accru le risque d'un divorce sans accord", a mis en garde le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dans un communiqué mardi.

"J'appelle le Royaume-Uni à clarifier ses intentions dès que possible. Le temps est presque écoulé", a déclaré le président de l'exécutif européen, juste après le vote britannique.

Donald Tusk veut une "solution positive"

Le président du Conseil européen Donald Tusk a appelé mardi soir à une "solution positive" après le rejet de l'accord sur le Brexit par les députés britanniques.

"Si un accord est impossible, et que personne ne veut un non-accord, alors qui aura finallement le courage de dire quelle est la seule solution positive ?", a déclaré Donald Tusk, lançant la vague de réaction des dirigeants européens, via un tweet.

"Les droits des citoyens doivent être sauvegardés" 

"Le Parlement britannique a clairement dit ce qu'il ne voulait pas. Maintenant, il est temps de savoir ce que souhaitent vraiment les députés britanniques. En attendant, les droits des citoyens doivent être sauvegardés", a déclaré le chef de groupe des libéraux au Parlement européen, Guy Verhofstadt.
 

"La pression est plutôt chez eux", a quant à lui réagi Emmanuel Macron, qui a appris en direct le vote de Westminster alors qu'il répondait à une question sur l'inquiétude des pêcheurs français.

Le président français a par ailleurs jugé que le référendum britannique avait été "manipulé" et qu'on avait "menti aux gens".

Réactions allemandes

Le ministre des Finances et vice-chancelier allemand Olaf Scholz a parlé d'un "jour amer pour l'Europe". "Nous sommes prêts. Mais un Brexit dur est la pire de toutes les possibilités pour l'UE, mais surtout pour le Royaume-Uni", a-t-il estimé sur Twitter juste après le vote britannique.

La présidente du parti démocrate-chrétien CDU, Annegret Kramp-Karrenbauer, a elle aussi "vivement regretté" sur Twitter cette décision, estimant qu'un "Brexit dur serait la pire de toutes les options". Elle a invité les Britanniques à désormais "ne pas se précipiter".

Le secrétaire d'Etat allemand pour l'Europe Michael Roth a pour sa part parlé de "désastre", précisant cependant que "les portes de l'Europe restaient ouvertes".

Mark Rutte regrette la défaite de Theresa May

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte "regrette mais respecte le résultat du vote qui a eu lieu concernant l'accord sur le Brexit au parlement britannique. Les Pays-Bas et l'UE continuent à soutenir l'accord actuel, mais nous nous préparons aussi à tous les scénarios possibles. Ce revers ne signifie pas encore un no-deal. C'est au Royaume-Uni de décider ce qui va suivre"

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