Charles Michel après les incidents au Capitole : "la page Donald Trump est tournée, c’est déjà l’homme du passé sur le point de vue international"

Ce jeudi, Charles Michel était l’invité exceptionnel de Jeudi en Prime. Le président du Conseil européen est revenu sur les évènements d’insurrection qui ont ébranlé le Capitole américain ce mercredi.

Sur le plateau de Nathalie Maleux, il a évoqué la fragilité des démocraties, les relations de l’Union européenne avec l’administration Trump ainsi que les contacts qu’il a d’ores et déjà noués avec Joe Biden.

Notre ancien Premier ministre a tout d’abord indiqué que cette insurrection n’était pas une surprise. "Au niveau européen, nous n’excluions pas le fait que nous soyons confrontés à ce genre de situation extrême. Néanmoins, quand nous avons vu les images hier, nous étions sous le choc. On a tout de suite mesuré que ce n’était pas simplement une attaque contre les institutions démocratiques américaines, c’était plutôt une attaque contre l’état de droit, la démocratie et les libertés. Partout dans le monde, les démocraties sont sous pression parce qu’il y a des montées en puissance de populisme, de régimes autoritaristes qui utilisent de manière massive le simplisme, la radicalisation et la polarisation pour tenter d’exciter les gens les uns contre les autres. Malgré tout, ce qui s’est passé hier n’était pas une surprise."


►►► À lire aussi : Insurrection à Washington : retour sur les images fortes d'un Capitole en ébullition


A la suite de ces événements, Charles Michel a déploré le comportement de l’administration Trump depuis de nombreux mois. "Les contacts de l’administration Trump avec les instances de l’Union européenne ont été très limités depuis de nombreux mois. La coopération a été très difficile. Trump a quitté les accords de Paris sur le climat, les relations avec l’OTAN ont été tendues, dans le cadre de la situation compliquée au Proche-Orient, l’Union européenne a tenté de s’engager dans un dialogue avec les Etats-unis et ça a été extrêmement difficile. Je pourrais aligner les exemples les uns après les autres. Au niveau du comportement de cette administration et de ses actes, on a eu l’impression que les lignes rouges ont été franchies les unes après les autres jusqu’à ce point culminant hier. Ce que j’espère par rapport à ces événements, c’est que ce soit l’occasion, partout dans le monde, d’une prise de conscience de la fragilité de nos libertés et de nos systèmes démocratiques. C’est un modèle qui n’est pas acquis pour toujours. IL nécessite que chaque citoyen assume sa pleine part de responsabilité en réfléchissant et en ne se laissant pas entraîner sur les sirènes du populisme."

La page Donald Trump est tournée, c’est déjà l’homme du passé sur le point de vue international

Alors que Joe Biden prendra place au sein de la Maison Blanche le 20 janvier prochain, les instances européennes ont d’ores et déjà pris contact avec le 46e Président des Etats-Unis. "J’ai pu m’entretenir avec Joe Biden après son élection, nous avons la perspective de renouer un dialogue plus étroits et une alliance fondée sur des valeurs communes : la démocratie, l’état de droit, la liberté,… Ça ne veut pas dire qu’on sera toujours d’accord sur tout. L’Union européenne et les Etats-Unis auront parfois des débats plus difficiles, par exemple en matière de commerce. […] Son entrée en fonction va également permettre aux Etats-Unis de retrouver une place sur le plan international. On l’a vu avec l’administration Trump, indépendamment des divisions internes aux Etats-Unis qu’un choix a été fait qui est en fait l’inverse du modèle européen. Le modèle européen, c’est le modèle de la coopération internationale, c’est le modèle de ce qu’on appelle le multilatéralisme, c’est le fait de travailler ensemble pour tenter de relever ensemble des défis globaux comme le changement climatique, les questions de sécurité ou de développement digital,…"

Et selon Charles Michel, "la page Donald Trump est tournée, c’est déjà l’homme du passé sur le point de vue international. Je ne sous-estime pas sur le plan des Etats-unis l’impact de Donald Trump et je suis convaincu que l’administration Biden va devoir faire un travail de rassemblement."

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK