"Cette élection est la preuve que les Britanniques ne feront pas marche arrière sur le Brexit"

Pourquoi la Première ministre britannique Theresa May a-t-elle appelé mardi à la tenue d'élections législatives anticipées le 8 juin, alors qu'elle s'était plusieurs fois précédemment prononcée contre cette option? Les sondages montrent qu'elle a actuellement un "avantage historique" sur l'opposition travailliste, remarque Leo Cendrowicz, journaliste britannique en poste à Bruxelles, interrogé par Robin Cornet dans Matin Prem1ère. "Elle est à 44% alors que les travaillistes ont 23%". Theresa May s'est justifiée en disant "qu'il n'y avait pas assez d'unité au Parlement sur la question du Brexit et que des résistances étaient en train de bloquer cette négociation très difficile".

Actuellement, le Parti conservateur de Theresa May ne dispose que d'une courte majorité de 17 députés dans un parlement de 650, "et pour elle ce n'est pas assez. Si l'on en croit les sondages, elle peut vraiment écraser les travaillistes, qui sont menés par Jeremy Corbyn".

Dans le paysage politique britannique, il n'y a pas réellement de parti qui représenterait les opposants au Brexit, "sauf les Libéraux qui ne disposent que de 10 sièges au parlement. Donc l'opposition est complètement divisée, c'est très facile pour Theresa May en ce moment. Dans ce futur scrutin, ils ont l'opportunité de gagner beaucoup de sièges. Mais sans doute pas assez pour faire une grande différente au Parlement" poursuit le journaliste.

"On ne peut plus faire marche arrière"

"Cette élection est la preuve" que le gouvernement britannique ne fera pas marche arrière en ce qui concerne le Brexit, affirme Leo Cendrowicz: Theresa May veut clarifier sa situation sur le plan intérieur en renforçant sa majorité. La prochaine échéance électorale sera dans cinq ans, "elle ne sera pas distraite par une campagne" pendant la négociation avec l'Europe.

Selon le journaliste, le citoyen britannique n'est pas demandeur d'un nouveau scrutin, car il est lassé par les campagnes qui se sont succédé ces dernières années. Mais, contrairement à ce qu'affirme Theresa May, les Britanniques ne sont pas en train de s'unifier autour du Brexit : "Les 48% qui ont voté contre lors du référendum ne sont toujours pas contents. Il n'y a aucune indication que les négociations se passent bien, on n'a pas l'impression que la Grande-Bretagne maîtrise bien la situation. Ils sont toujours un peu amers. Mais puisqu'on ne peut plus faire marche arrière, il faut quand même aller en avant sur le Brexit".

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