Ces héros du quotidien :"Trace the Face" pour retrouver un proche disparu

Ces héros du quotidien:"trace the face" pour retrouver un proche disparu
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Ces héros du quotidien:"trace the face" pour retrouver un proche disparu - © Tous droits réservés

Chaque année, des milliers de personnes dans le monde disparaissent, victimes de conflits armés, de catastrophes naturelles ou autres. Pour les familles des disparus, c’est toujours la même angoisse, le même besoin : savoir où se trouve ce membre du clan disparu. Pour permettre aux familles dispersées de se retrouver, une jeune femme se bat inlassablement.

Un clic pour redonner l’espoir

Elle est jeune et de prime abord on la dirait fragile. Mais il faut se méfier des apparences. Preslava Lilova est une femme déterminée et combative. Dans son bureau de la Croix-Rouge bulgare, elle redonne l’espoir à des centaines de personnes. Son travail : retrouver les parents, les enfants, les amis disparus. Elle gère le projet REcheck, un projet de protection civile financé par l’UE qui analyse la préparation des ménages à réagir en cas de crise et qui inclut la participation de la Bulgarie, de l’Autriche, de l’Italie, de la Croatie et de la France. "Il est de notoriété publique que non seulement dans la société bulgare, mais en général, la réaction habituelle consiste à courir ou à se cacher. Une chose simple à faire à la maison c’est de préparer un sac à dos avec une trousse de secours contenant une couverture, des articles de toilette, une boîte d’allumettes et des bougies " explique la directrice de la coopération internationale et des programmes à la Croix-Rouge en Bulgarie : "Il est primordial pour nous, en tant qu’organisation, que chacun prenne la responsabilité de préparer un tel sac et de le garder à portée de main, afin qu’ils puissent le saisir rapidement si nécessaire."

Preslava conseille toujours d’avoir une copie imprimée de ses documents personnels et des photos des membres de sa famille, cela peut toujours faciliter la recherche. Pour ceux qui n’ont pas eu le temps de s’organiser, la directrice a créé un outil en ligne baptisé "Trace the Face". Son but est d’aider à la recherche des membres des familles séparées."Cette démarche n’est pas encore populaire parce qu’elle concerne les croyances humaines, les histoires des gens, des personnes qui souffrent. La séparation dure parfois des années. Nous essayons de protéger l’anonymat et l’intimité des personnes. Partout sur le territoire bulgare, des passants fuient les conflits militaires et leurs proches cherchent à savoir où ils se trouvent, s’ils sont toujours dans le pays ou vers quel endroit ils se dirigent. "

Les trois pays les plus concernés sont l’Afghanistan, la Guinée et la Somalie (chiffres 2017) qui représentent à eux trois plus de la moitié des demandes. Grâce au site Internet Trace the Face (littéralement suivre un visage) édité désormais en 7 langues, des familles ont la possibilité de retrouver la trace d’un proche disparu.

 

A partir d’un simple registre

Des fichiers de personnes disparues pendant les guerres mondiales sont toujours tenus en Bulgarie. Preslava Lilova utilise donc ces informations déjà numérisées. Grâce à la technologie moderne, les photos de personnes disparues sont téléchargées sur Internet. Un moyen efficace pour les retrouver rapidement, car le mouvement des personnes qui migrent d’un lieu à un autre est plutôt rapide. Les résultats sont là. Récemment une jeune fille de 14 ans hébergée dans un centre de réfugiés à Sofia a été reconnue par une allemande qui prétend être sa mère. Grâce à "Trace the Face", la photo de la jeune fille a été envoyée à la Croix-Rouge allemande, téléchargée sur la plate-forme, ce qui a permis d’identifier l’adolescente. "Le point fort c’est qu’il s’agit d’un réseau. 191 pays dans le monde proposent ce type de services de recherche de personnes disparues et de rétablissement de liens familiaux ", précise Preslava.

Lucile Marbeau est responsable adjointe chargée de la communication à la délégation régionale du CICR en France. Elle travaille de concert avec Preslava. "Nous procédons actuellement à une évaluation des 9 sites de Trace the face – 3 en Allemagne, 3 en Italie et 3 en France ", explique-t-elle. " Il y a deux aspects. D’un côté, les gens peuvent rapidement comprendre où ils sont, comment çà fonctionne et si c’est utile. De l’autre, ils consultent une base de données volumineuse avec des photos. "

En Allemagne, plus de 7000 histoires ont été téléchargées sur la plateforme. En Bulgarie, le système commence à trouver ses marques. Chaque semaine, deux familles retrouvent leurs proches disparus.

 

EuropeS ce dimanche 22 septembre à 23h45 sur La Trois

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