Ces grands monuments incendiés par le passé et reconstruits à l'identique... ou pas

Ces grands monuments incendiés par le passé et reconstruits à l'identique... ou pas
Ces grands monuments incendiés par le passé et reconstruits à l'identique... ou pas - © PHILIPPE LOPEZ - AFP

Comme la cathédrale de Paris hier, plusieurs monuments historiques ont déjà été la proie des flammes par le passé. C’est notamment le cas de la cathédrale de Reims détruite pendant la Première guerre mondiale par un incendie à la suite des bombardements allemands en septembre 1914.

À l’époque, le célèbre journaliste Albert Londres déclarait ceci après avoir fait le voyage jusqu'à Reims pour voir ce qu'il restait de la cathédrale: "La cathédrale de Reims n'est plus qu'une plaie. Il y a bien encore les voûtes, les piliers, la carcasse mais les voûtes n'ont plus de toiture et laissent passer le jour par de nombreux petits trous ", dans un article du journal du Matin publié le 29 septembre 1914. 

Travaux sur la toiture

Autre édifice lui aussi ravagé par les flammes mais plus récemment cette fois : la cathédrale de Nantes qui a été détruite par un incendie le 28 janvier 1972. Le scénario du drame n’est pas sans rappeler ce qui s’est passé hier soir à Paris. À l’époque, un ouvrier-couvreur qui effectuait des réparations sur la toiture de la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes aurait mis le feu accidentellement à la toiture avec un chalumeau.

Dans la nuit du 4 au 5 février 1994, plus récemment encore, le Parlement de Bretagne à Rennes a lui aussi été la proie des flammes. 

 

Autre incendie qui a marqué les mémoires françaises, celui de la toiture du Palais de Chaillot à Paris le 24 juillet 1997. L’incendie a duré quatre heures et a ravagé le musée des Monuments de France, un joyau architectural visité chaque année par des millions de touristes.

 

Court-circuit

En Belgique, plusieurs édifices de ce type ont eux aussi été la proie des flammes. En août 1985, le dôme de l'église Sainte-Marie à Schaerbeek a pris feu à l'occasion de travaux de soudure. À l’époque, l'édifice était en pleine rénovation. Le feu s’est propagé au dôme constitué de plaques de cuivre qui recouvre une charpente en bois.

En 2000, c'est la charpente de l’église Saint-Jean-Baptiste-au-Béguinage, un des fleurons du style baroque flamand à Bruxelles, qui s'est enflammée. Le feu a pris sous les toits et a ravagé une partie de la toiture de l’église. Un court-circuit serait à l’origine du sinistre. La façade de l’édifice qui date du 16ème siècle a été épargnée par l’incendie mais sa charpente a dû être reconstruite. 

Reconstruire parfois autrement

Si la plupart de ces monuments sont à chaque fois reconstruits à l’identique après ce type de sinistres, ces drames sont parfois l’occasion de revoir le style des édifices. Tout près de chez nous, ce fût le cas pour la collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles détruite par les bombardements allemands en mai 1940.

La restauration de la collégiale a été un chantier très controversé. L’architecte en charge de la reconstruction, Simon Brigode, réussit à imposer la construction d'un pastiche de clocher roman en lieu et place de la flèche gothique originelle. En clair, la restauration déboucha sur la construction d'un nouveau clocher qui n'avait jamais existé comme tel auparavant. Un choix approuvé à l'époque par les Nivellois après une consultation populaire. 

Ce parti-pris architectural appelé "unité de style" a fait couler beaucoup d'encre. Ce concept du XIXe siècle a été invalidé depuis par la Charte internationale sur la conservation et la restauration des monuments et des sites (1964) qui dit que " les apports valables de toutes les époques à l'édification d'un monument doivent être respectés (...) "

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK