Centrafrique: tirs et panique près de l'aéroport de Bangui

Après de multiples incidents et tirs intermittents au cours de la matinée dans plusieurs quartiers nord de Bangui, ces tirs se sont concentrés et intensifiés au fur et à mesure de la journée, progressant du nord vers le sud.

Vers 15H00 locales (14H00 GMT), ils se sont rapprochés à proximité directe de l'aéroport, où sont basés les soldats français de l'opération Sangaris et les différents contingents de la force africaine (Misca).

Les tirs d'arme automatique, et notamment de mitrailleuse lourde, ne visaient apparemment pas l'aéroport, mais il était très difficile, dans la confusion généralisée, d'en identifier l'origine, et encore moins les belligérants impliqués.

Depuis l'aéroport, on a pu voir des centaines d'habitants paniqués des quartiers voisins fuir à pied. Courant entre les maisons et tentant de rester à couvert, certains se dirigeaient vers le sud, en direction du centre-ville. Beaucoup d'entre eux venaient trouver refuge dans une indescriptible cohue aux abords des pistes de l'aéroport, où vivent déjà dans la précarité plusieurs dizaines de milliers de déplacés ayant fui les violences de ces trois dernières semaines.

Une dizaine de blindés français se sont déployés devant l'entrée de l'aéroport, déjà sécurisé par les soldats français qui étaient en position de combat derrière leurs sacs de sable. Plusieurs véhicules du contingent tchadien de la Misca, 4X4 et blindés, sont sortis de l'aéroport et ont pris la direction du centre-ville. Les rues et grandes avenues de Bangui se sont littéralement vidées, y compris dans le centre. Des tirs et des détonations pouvaient être entendus par intermittence dans de nombreux quartiers, provoquant la peur parmi les habitants cloitrés chez eux en famille, souvent réfugiés sous les lits par peur des balles perdues.

Un millier de personnes ont été tuées depuis le 5 décembre à Bangui et en province, dans les attaques des milices chrétiennes d'autodéfense "anti-balaka" (anti-machette, en langue sango) et dans les représailles de la Séléka contre la population.

Dans la capitale, après un court répit, les violences ont repris en fin de semaine dernière, montant inexorablement en puissance au fil des jours.

Le dispositif français (1600 hommes, dont un millier déployé à Bangui) et les 4000 hommes de la Misca n'étaient manifestement pas suffisants pour éteindre l'incendie qui continuait de couver, dans une ville toujours étouffée par les haines confessionnelles, où les chrétiens - victimes pendant des mois des exactions des Séléka - ont soif de vengeance contre les ex-rebelles et les civils musulmans qui leur sont désormais associés.

Mis en cause dans plusieurs incidents récent, et accusé par de nombreux Banguissois de complicité avec l'ex-Séléka, le contingent tchadien de la Misca devrait prochainement quitter Bangui et être redéployé dans le nord du pays à majorité musulmane.

Belga

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