"Ce qui est en jeu, ce n'est plus la Catalogne ou l'Espagne, c'est une certaine idée de la citoyenneté"

"Ce qui est en jeu, ce n'est plus la Catalogne ou l'Espagne, c'est une certaine idée de la citoyenneté"
"Ce qui est en jeu, ce n'est plus la Catalogne ou l'Espagne, c'est une certaine idée de la citoyenneté" - © Tous droits réservés

Matin Première était en émission spéciale à Barcelone ce lundi. A 7h12, Mehdi Khelfat recevait Rafael Jorba, ex député européen, socialiste, autonomiste et journaliste au Vanguardia, le journal le plus lu en Catalogne.


Il s'exprimait notamment sur le grand rassemblement des unionistes, qui aurait rassemblé quasi un million de manifestants selon les organisateurs: "C’est un peu l’aboutissement d’une situation, où d’un côté le gouvernement espagnol a agi comme s’il n’existait que la loi, et le gouvernement catalan a agi dans les derniers temps comme si la loi n’existait plus. Alors, dans cette situation-là, les citoyens, d’un côté et de l’autre, sont pris en otage émotionnel pour du nationalisme.

Ça se passe dans la rue, on l’a vu avant avec des mobilisations aussi beaucoup plus importantes des forces indépendantistes. Hier, on a vu cette riposte dans la rue des forces unionistes, ou constitutionnalistes

En tout cas, la rue sert à exprimer un mécontentement. Mais ces déficits de politique, d’un côté et de l’autre, doivent soutenir et se canaliser à travers la politique c’est-à-dire le dialogue et le consensus".


Il rappelait que les demandes d'autonomie de la Catalogne s'inscrivaient dans un processus: "On a agi avec prudence et respect de la volonté populaire. On est dans ce processus depuis 7 années déjà, presque 8". La demande, ce n'était pas l'indépendance, mais de devenir un État fédéral: "On voulait ça, mais l’Espagne a dit non. Enfin, l’État espagnol, pas l’Espagne. L’État espagnol a dit non et il est encore dans cette même position. Ils ne veulent pas parler des alternatives à la position indépendantiste".

C'est ainsi qu'Ernest Maragall appelle maintenant lui aussi à l'indépendance: "Je ne suis pas indépendantiste. Mon option, maintenant, c’est l’indépendance, mais je ne suis pas idéologiquement indépendantiste".

Mais comment faire? "Il faut trouver la voie démocratique qui respecte la volonté populaire en Catalogne. Actuallement, il n'y a qu'une alternative seulement sur la table, pas deux. L’État doit mettre son alternative sur la table. On est à la porte de vraies fractures et pour les éviter, il faudrait trouver une formule qui ne divise pas la société catalane de moitié. Ce qui est en jeu, ce n’est pas plus la Catalogne ou l’Espagne, c’est une certaine idée de la citoyenneté, une certaine idée de la Catalogne et de l’Espagne qu’on a vécue depuis 40 ans et qui est en train de se casser".

Et pour Ernest Maragall, "cette violence vient seulement d’un côté, du côté de l’État, pas de la société catalane. On s’est exprimé pendant des années avec pacifisme, une attitude presque gandhienne. Quand on parle de demain, on a peur de la nouvelle vague de violence de l’État".

 

Henry de Laguérie, le correspondant de la RTBF, est également persuadé de l'influence des violences policières du 1er octobre: "Il y aura vraiment un avant et un après, et je suis certain que ce sera dans les livres d’Histoire soit de la Catalogne indépendante, soit de l’Espagne, on verra ce qu’il en sera, mais c’est sûr que ça a marqué la mémoire collective. Et en même temps, on a aussi — il ne faut pas être dupes — le sentiment que le gouvernement catalan a énormément insisté sur ce qui s’est passé dimanche dernier pour évidemment en tirer un avantage".

 

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