Ce que la France met en place pour faire face aux retours de jihadistes

Cette "menace" potentielle est prise au sérieux en France, assure Sébastien Pietrasanta en détaillant les moyens mis en place dans le pays pour lutter contre le phénomène des départs et donc, bien entendu, celui des retours.

Il explique qu'au moment des retours, parmi d'autres moyens, une surveillance physique est exercée: "Toute la difficulté est d'éviter qu'ils passent à l'acte", dit-il.

20 agents pour surveiller une personne

Surveiller ces combattants de retour de Syrie ou d'Irak sollicite énormément de temps et d'énergie: "En France, il faut à peu près 20 agents pour une personne à surveiller", précise le rapporteur de la loi antiterrorisme. Le même nombre d'agents sont sollicités pour une personne en Belgique.

"Vu l'ampleur du phénomène, les services de renseignement doivent donc forcément faire des choix" continue-t-il. Et si ces choix "souvent difficiles" se sont selon lui jusqu'ici avérés efficaces, la France doit continuellement revoir ses moyens de surveillance: "Les services de renseignement de la DGSI ont été augmentés de 400 agents ces deux dernières années, ce qui n'est pas encore tout à fait suffisant", dit-il.

Une loi pour augmenter les moyens de lutte contre le terrorisme

C'est pour cette raison qu'une loi antiterrorisme a été votée jeudi en France. Elle doit permettre un renforcement des dispositifs de police, de renseignement et de justice, "en prévoyant notamment des moyens accrus pour le parquet antiterroriste", explique Sébastien Pietrasanta.

Il précise que la loi repose sur trois aspects fondamentaux. Elle doit d'abord "entraver" les départs en Syrie ou en Irak en encourageant la confiscation des passeports ou des cartes d'identité des candidats. Ensuite, "elle crée un nouveau délit qui est l'entreprise terroriste individuelle", alors qu'il fallait jusqu'ici être au moins deux pour pouvoir commettre un attentat au sens légal. Enfin, la nouvelle loi française prévoit "le blocage administratif de sites internet de propagande sur lesquels on retrouve des vidéos de décapitations ou d'exactions, notamment du groupe terroriste Etat islamique", explique le rapporteur.

"Il faut une réponse à l'échelle européenne"

Pour lui, plutôt qu'une réponse différente dans chaque Etat sur la façon dont il faut "faire face à cette nouvelle menace terroriste en mutation", "c'est une réponse à l'échelle européenne voire mondiale avec les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux" qu'il faut développer.

En insistant sur une menace qu'il dit "réelle en France et en Belgique", il estime qu'"il faut avoir le courage de travailler davantage ensemble". Et cela passe selon lui par la mise en place d'un budget européen directement consacré à la prise en charge des retours de Syrie et d'Irak.

G. Renier, propos recueillis par Odile Leherte

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