Caviar, objets en poils d'animaux, corail: que pouvez-vous ramener comme souvenirs de vacances?

Caviar, objets en poils d'animaux, corail: que pouvez-vous ramener comme souvenirs de vacances?
Caviar, objets en poils d'animaux, corail: que pouvez-vous ramener comme souvenirs de vacances? - © JEWEL SAMAD - AFP

Des champignons, un coquillage ou encore un peigne à base d’écailles de tortue, voilà peut-être quelques souvenirs que vous rapporterez de vos vacances. Un joli souvenir, mais qui peut vous apporter des ennuis.

Vinciane Charlier, porte-parole au Service fédéral de la santé publique et de l’environnement, nous explique ce que nous pouvons mettre dans notre valise, ou pas.

"Effectivement, quand on part en vacances dans des destinations un peu exotiques, on peut être tenté de ramener des souvenirs un peu originaux qui sont faits à base d’animaux ou de végétaux. Mais il y a en fait beaucoup d’espèces qui sont des espèces en voie de disparition et qui sont donc protégées par une législation internationale qui s’appelle la législation CITES."

Cette législation protège ces espèces. Et les produits dérivés sont donc interdits ?

"Ça dépend. Il y a 36.000 espèces qui sont protégées par la législation CITES, ce sont des espèces animales et végétales et elles sont classées en trois catégories. Les espèces qui sont dans la catégorie 1 sont les espèces les plus protégées, ce sont les plus menacées et elles ne peuvent en général pas être vendues, ou alors dans des conditions qui sont très strictes."

Quels sont les souvenirs à éviter absolument ?

"Il y a 900 espèces sauvages qu’on ne peut absolument pas acheter. Les plus connues sont par exemple les éléphants. On ne peut pas ramener par exemple les défenses ou les poils d’éléphant, parce qu’il faut savoir qu’on chasse les éléphants pour leurs défenses pour en faire des petites statuettes, mais on les chasse aussi pour leurs poils pour en faire des bracelets. Il faut donc vraiment éviter d’acheter ces souvenirs parce que malgré le fait que les éléphants soient très protégés, il n’en reste plus que 35.000 à l’état sauvage ; ça reste donc très préoccupant."

Y a-t-il certaines espèces qui peuvent tout de même être commercialisées sous certaines conditions ?

"Oui. Il faut se renseigner bien à l’avance parce qu’on peut ramener des souvenirs d’espèces animales ou végétales qui nécessitent des permis, qui sont des permis d’importation et des permis d’exportation. Pour le permis d’importation, on doit se renseigner à l’avance et avoir le permis auprès du service CITES belge, qui se trouve auprès du SPF Santé publique. Par exemple, si vous allez en Amérique latine et que vous voulez acheter une couverture ou un manteau en poils de guanaco ou de vigognes, qui sont des sortes de lamas, vous pouvez les ramener mais avec des permis spécifiques."

Et troisième catégorie : les souvenirs autorisés, mais dans des quantités limitées

"Oui, on peut aussi ramener certains souvenirs, mais les quantités sont déterminées par la législation. Je pense par exemple au caviar. Vous partez par exemple en Russie et vous voulez ramener du caviar, vous pouvez, mais vous pouvez ramener uniquement 125 grammes de caviar par personne, et en plus le caviar doit se trouver dans une boîte scellée avec une étiquette CITES. Il y a donc pas mal de conditions à remplir pour pouvoir ramener du caviar légalement."

Et parfois, on est tenté de ramener des petits souvenirs trouvés sur la plage

"Oui, et il faut aussi faire très attention à cela. Je pense que c’est arrivé à pas mal de gens d’avoir trouvé un beau coquillage ou un beau corail sur la plage et d’être tentés de ramener ce genre de souvenirs, ou même des fleurs qu’on a trouvées dans une forêt, mais il faut faire attention parce qu’il y a aussi pas mal d’espèces qui sont protégées, qui sont en voie de disparition. Je pense par exemple aux coraux. Si vous voulez ramener un corail, vous devez avoir un permis, un permis d’importation et un permis d’exportation."

Existe-t-il des modes dans les souvenirs que les gens rapportent ?

"En Belgique, les gens sont heureusement de plus en plus conscientisés par rapport à l’environnement et par rapport à la biodiversité, donc ils ramèneront moins facilement de l’ivoire ou des peaux de tigre par exemple. Mais les coraux par exemple, dont on parlait justement tout à l’heure, on ne sait pas toujours que ce sont des espèces qui sont menacées. Elles sont menacées par le réchauffement climatique et par le tourisme de masse. Or ce sont des hotspots de la biodiversité. Il faut donc essayer et faire attention à ne pas ramener de coraux qu’on a trouvés sur la plage."

On peut se faire contrôler ?

"Oui, tout à fait. Comme pour tous les objets illicites finalement, on peut se faire contrôler par les douanes à l’entrée ou à la sortie des aéroports. On sait tous qu’on peut se faire contrôler par les douanes si jamais on ramène des vêtements contrefaits, si jamais on ramène trop d’alcool ou trop de tabac, mais on peut aussi se faire contrôler si on ramène des objets faits à base d’animaux et de plantes qui ne sont pas légaux."

Et que risque-t-on ?

"On risque une saisie de l’objet et on risque surtout une amende qui n’est pas petite, puisque l’amende minimale s’élève à 208 euros."

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