Catalogne: près d'un million de manifestants pour l'indépendance

"Environ un million" d'indépendantistes ont manifesté mardi dans les rues de Barcelone pour la Diada, la fête nationale catalane, un chiffre similaire à celui de 2017, a annoncé sur Twitter la police municipale.

Un an après l'échec de leur tentative de sécession de l'Espagne et alors que leurs hauts dirigeants sont soit en prison soit en exil, les séparatistes démontrent ainsi une capacité de mobilisation intacte. 

Le défilé s'est élancé sur l'avenue Diagonal en fin d'après-midi ce mardi, en commémoration de la prise de Barcelone le 11 septembre 1714 par les troupes du roi Felipe V qui supprima l'autonomie de la région, les militants, drapeau indépendantiste sur les épaules, commençaient à affluer dans la métropole catalane.

À 17H14 précises, les manifestants ont levé une marée de drapeaux séparatistes et clamé "Indépendance!" sur six kilomètres de l'avenue Diagonal. La mise en scène, savamment orchestrée par les influentes associations indépendantistes, consistait à faire tomber un mur symbolisant les obstacles surmontés dans la marche vers un État souverain.

"La situation en Catalogne n'est pas tenable"

Plus que jamais, l'indépendance était le mot d'ordre principal pour les dirigeants catalans. "Nous sommes très proches des positions de Pédro Sanchez (Premier ministre espagnol) à propos du référendum sur l'autodétermination", a déclaré, avant le démarrage du cortège, Quim Torra, président du gouvernement régional. "Mais du côté du gouvernement espagnol, ils parlent d'autogouvernance, nous parlons d'autodétermination. Et je pense que ça, c'est une précision importante, mais c'est aussi importants que Pedro Sanchez ait parlé de cela. Car ca veut dire qu'il a déjà admis que la situation en Catalogne n'est pas tenable".

Des délégations d'indépendantistes étrangers défilaient dans le cortège qui a suivi les discours officiels, parmi lesquels des nationalistes flamands

La revendication de l'abandon des poursuites contre les dirigeants séparatistes, incarcérés ou ayant fui à l'étranger, pour leur rôle dans la tentative de sécession a été au centre de la manifestation convoquée sous le slogan "faisons la république catalane". Treize leaders catalans, dont l'ancien président régional Carles Puigdemont qui s'est exilé en Belgique, sont accusés de rébellion, ce qui peut leur valoir jusqu'à 25 ans de prison.