Catalogne: pour Jan Peumans (N-VA), "l'Europe peut jouer un rôle dans ce conflit"

Jan Peumans et Philippe Lamberts, invités de Matin Première au lendemain du référendum en Catalogne
Jan Peumans et Philippe Lamberts, invités de Matin Première au lendemain du référendum en Catalogne - © RTBF

Jan Peumans (N-VA), le président du Parlement flamand, et Philippe Lamberts, député européen écologiste, étaient les invités de Matin Première ce lundi. Face à Thomas Gadisseux, ils ont réagi au référendum qui s'est tenu quelques heures plus tôt en Catalogne.

La situation catalane a été suivie de près par la N-VA. Et pour cause: "Vous connaissez le statut de notre parti. Nous sommes pour une Flandre indépendante", rappelle Jan Peumans d'entrée de jeu. Pour le président du Parlement flamand, "les Catalans ont une sorte de fierté et de motivation. Ils peuvent manifester avec un million de personnes dans les rues de Barcelone".

Jan Peumans s'étonne aussi de la réaction de Madrid face à ce référendum. Dimanche, on a dénombré des centaines de blessés après des violences policières en Catalogne. Des urnes ont aussi été saisies. Il cite alors le cas écossais. "En Ecosse, David Cameron [le Premier ministre de 2010 à 2016, NDLR] a dit aux Écossais qu’ils pouvaient organiser un référendum. Je ne comprends pas pourquoi on ne fait pas comme ça en Espagne.

"Toutes les images que j’ai vues hier, c’est lâche, incroyable, antidémocratique", déclare alors celui qui est aussi le vice-président de la N-VA. Ce dernier félicite au passage Charles Michel. Le Premier ministre belge a été le premier dirigeant européen à dénoncer la situation de ce dimanche en Catalogne. "Selon moi, il y a un deuxième pas: chercher le dialogue entre le gouvernement catalan et le gouvernement espagnol. Et c’est l’Europe qui peut jouer un rôle dans ce conflit."

Quant à savoir si c'est la N-VA elle-même qui a poussé Charles Michel à s'exprimer sur la situation catalane, Jan Peumans reste évasif. "Je ne sais pas. Je ne suis pas au gouvernement fédéral", a-t-il simplement déclaré.

De son côté, Philippe Lamberts siège au Parlement européen avec des Catalans au sein du Parti vert européen. "Ce qui s’est passé hier, on le voyait venir, observe-t-il. Cela fait sept ans que la Catalogne dit qu’elle n'est pas d’accord avec l’arrangement actuel en Espagne et qu’elle veut renégocier l'arrangement constitutionnel de ce pays." Et d'ajouter que "si on regarde la chronologie des faits, Madrid a refusé systématiquement toute discussion avec le gouvernement catalan, ce qui a permis aux plus radicaux d’augmenter la pression."

Le député européen déplore "la réaction complètement disproportionnée de la police espagnole [qui] va renforcer le camp indépendantiste".

Philippe Lamberts rappelle que "les Verts catalans ont dénoncé la manière selon laquelle la loi sur le référendum a été adoptée. Le gouvernement catalan dit qu’il devait procéder de la sorte pour prendre Madrid de court. Je pense que la démocratie mérite le respect, même quand on a des causes difficiles à défendre".

Si l'Europe n'est pas capable d’avoir une parole [...] alors je ne sais pas à quoi [elle] sert.

L'écologiste fait alors un parallèle avec la situation belge. "Le vivre-ensemble ne se décrète pas. Lorsque la Flandre a dit pendant des décennies qu'elle n'était pas d'accord avec l'arrangement constitutionnel et qu'elle voulait discuter, à la fin, les francophones ont dû accepter cette discussion."

Philippe Lamberts salue lui aussi une réaction "juste" de Charles Michel. Mais il attend une réaction de la part de l'Union européenne. "L'Europe est aussi un espace de démocratie où on règle les conflits par la négociation et non pas par la force. Si l'Europe n'est pas capable d’avoir une parole par rapport aux Catalans et au gouvernement de Madrid, [...] alors je ne sais pas à quoi sert l'Europe."

Jan Peumans "ne comprend pas" non plus le silence de l'Union. "Il y a un conflit entre l'Espagne et la Catalogne. Selon moi c’est l'Europe qui, en tant que troisième partie, peut jouer le rôle de médiateur."

Une réaction d'Angela Merkel ou une discussion en coulisses ?

"Si les gouvernements espagnol et catalan acceptent que l’Europe jouent la médiation, elle peut le faire", enchaîne Philippe Lamberts. Il y a d’autres pressions qui peuvent jouer sur Madrid."

Le député européen fait alors remarquer que Mariano Rajoy, le président du gouvernement espagnol, et Angela Merkel, la chancelière allemande, siègent dans le même groupe au Parlement européen. "Si Angela Merkel incite Mariano Rajoy à aller négocier, peut-être qu'elle sera entendue. Il y a aussi des choses qui peuvent se passer en coulisses et qui permettraient de faire avancer les choses sans que le gouvernement espagnol ne perde la face. Mais je pense qu’il a perdu beaucoup de crédit dans les épisodes de ce dimanche."

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