Catalogne: les chefs de deux associations indépendantistes placés en détention pour "sédition"

Une juge de l'Audience nationale espagnole a ordonné lundi le placement en détention préventive des chefs des deux plus importantes associations indépendantistes catalanes, inculpés de sédition, a-t-on appris de sources judiciaires.

Jordi Sánchez et Jordi Cuixart, qui comparaissaient lundi pour la deuxième fois devant ce tribunal chargé notamment des affaires de sécurité nationale, sont inculpés de sédition pour avoir convoqué et encouragé des centaines de manifestants le 20 septembre, empêchant durant des heures la sortie d'agents de la police nationale qui perquisitionnaient des bureaux du gouvernement catalan à Barcelone.

Fondée en 2011, l'ANC de Jordi Sanchez a organisé le 11 septembre 2012, jour de "fête nationale" en Catalogne, une grande manifestation à Barcelone. Plus d'un million de Catalans ont défilé ce jour-là dans les rues de la ville et depuis la date est devenue un rendez-vous incontournable pour les séparatistes catalans.

Après la grande manifestation de 2012, le président catalan de l'époque, Artur Mas, jusque-là un nationaliste modéré, a convoqué des élections régionales anticipées en promettant la tenue d'un référendum, comme réclamé par l'ANC.

La question de l'indépendance domine depuis l'agenda politique et l'influence de l'ANC est allée crescendo.  L'ANC compte aujourd'hui environ 40.000 membres à travers toute la Catalogne. 

"Les deux Jordi"

Omnium Cultural, dirigée par Jordi Cuixart, a été fondé en 1961 avec pour objectif la sauvegarde de la langue catalane dont l'usage a été banni sous la dictature de Francisco Franco (1939-1975). L'association a décidé en 2012 de participer activement au "processus de libération nationale". "Nous ne sommes ni le porte-parole du gouvernement (catalan) ni celui de la société, cela serait trop présomptueux", dit-il.

Reste que "les deux Jordi", comme on appelle souvent les deux patrons de l'ANC et d'Omnium, ont l'oreille du dirigeant catalan Carles Puigdemont qui les consulte régulièrement.

Renvoyer les deux chefs devant la justice ne freinerait aucune des deux associations, prévient Albert Jaime, le coordinateur de l'ANC. "Cela ne ferait que décupler la colère de la population et la jeter encore plus dans les rues", selon lui.

Réunion du gouvernement régional catalan ce 17 octobre

Rassemblement de soutien aux deux chefs indépendantistes arrêtés

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