Catalogne: le chef du Parlement propose la candidature de Puigdemont à la présidence

Le chef du parlement catalan, l'indépendantiste Roger Torrent, a proposé lundi la candidature de Carles Puigdemont, l'ancien président de la Catalogne destitué par Madrid, pour diriger la région aux velléités autonomistes. Cette proposition fera l'objet d'un débat suivi d'un vote au parlement régional à la fin du mois.

Réélu député régional le 21 décembre, Carles Puigdemont était le seul candidat à la présidence du gouvernement catalan.

A Barcelone, les indépendantistes jouissent à nouveau de la majorité absolue en sièges au nouveau parlement catalan (70 sur 135) mais huit d'entre eux ne peuvent siéger: ils sont soit en fuite en Belgique soit en prison pour trois d'entre eux.

Soutenue par les deux formations du camp séparatiste, la candidature de M. Puigdemont à l'investiture comme président de la Generalitat (chef du gouvernement catalan) s'avère toutefois problématique.

Investiture à distance

Exilé en Belgique depuis le 30 octobre, il devra être investi à distance, ce que les services juridiques du parlement ont déjà jugé contraire à la Constitution. Et s'il rentre en Espagne, où il est poursuivi pour "rébellion, sédition et malversation de fonds" en lien avec la tentative de sécession du 27 octobre, il risque d'être arrêté.

Dans le cas où les élus indépendantistes arriveraient tout de même à l'élire en son absence, le gouvernement central et l'opposition feront tout pour bloquer sa prise de fonctions en saisissant la justice. A terme, la Cour constitutionnelle pourra suspendre le vote au parlement régional en faveur de sa candidature, voire la résolution parlementaire le nommant.

Le parquet de la Cour suprême espagnole a par ailleurs requis, lundi matin, au juge en charge de l'enquête sur Carles Puigdemont de relancer le mandat d'arrêt européen qui le vise, après y avoir renoncé le 5 décembre dernier. Une telle demande entrainait en effet un examen des poursuites retenues en Espagne par un juge belge qui aurait pu ne pas suivre la justice espagnole sur la gravité des délits. Au risque, pour le juge de la Cour suprême, de voir effacés les plus graves chefs d'inculpation.

Mais si le magistrat instructeur accède à la demande du parquet, l'ex-président catalan, qui a quitté la Belgique pour la première fois ce lundi pour assister à un colloque sur la Catalogne et l'Europe à Copenhague, pourrait être arrêté dans le pays nordique.

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