Catalogne: Juncker déplore la violence, mais fait confiance à Rajoy pour "passer au dialogue"

Après un long silence, sollicitée de toutes parts pour imposer une médiation, la Commission européenne est enfin sortie lundi midi de son mutisme à propos des violences de ce cimanche en Catalogne.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a appelé lundi les parties en présence dans le dossier du référendum catalan à "passer rapidement de la confrontation au dialogue". "La violence ne peut jamais être un instrument en politique", a-t-il indiqué dans une déclaration lue en salle de presse lundi.

Après avoir rappelé que le référendum organisé dimanche par les autorités catalanes était illégal au regard de la Constitution espagnole, la déclaration a souligné qu'il s'agit d'un "problème interne à l'Espagne, qui doit être réglé en interne." Un référendum organisé de manière légale placerait de facto la région indépendantiste hors de l'Union européenne, précise la Commission dans sa déclaration.

"Au-delà des aspects purement légaux, il est temps pour l'unité et la stabilité, pas pour la division et la fragmentation", affirme la déclaration de la Commission, qui lance un appel à "tous les acteurs à passer très rapidement de la confrontation au dialogue". "La violence ne peut jamais être un instrument en politique", souligne encore la déclaration.

La Commission "fait confiance au leadership de Mariano Rajoy (le Premier ministre espagnol, ndlr) pour gérer ce processus difficile dans le plein respect de la Constitution et des droits fondamentaux qu'elle protège". Les équipes du Premier ministre espagnol et du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ont eu des contacts pendant le week-end, et un appel téléphonique entre les deux hommes est prévu "plus tard dans la journée", a précisé un porte-parole de l'exécutif.

Dimanche, Carles Puigdemont avait demandé à l'Union européenne de s'impliquer directement dans le conflit qui oppose la région catalane à l'Etat espagnol et à ne "plus regarder ailleurs". "Nous sommes des citoyens européens et souffrons d'atteintes à (nos) droits et libertés", a-t-il ajouté, en demandant à l'UE "d'agir rapidement".

La situation en Catalogne ne faisait pas partie des sujets sur lesquels la Commission européenne a spontanément réagi lundi lors du point de presse quotidien à Bruxelles, contrairement à l'attaque au couteau à Marseille et aux événements survenus samedi à Edmonton, au Canada, et lundi à Las Vegas, aux Etats-Unis. Le porte-parole de la Commission a lu la déclaration après avoir été sollicité par un journaliste.

Interrogé sur le fait que la Commission n'ait pas appelé au dialogue plus tôt, Margaritis Schinas a indiqué qu'elle attendait d'avoir l'ensemble des faits à sa disposition. "Nous réagissons au moment où nous avons tous les éléments en place pour pouvoir nous exprimer", a expliqué le porte-parole.

 

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