Carles Puigdemont est bien en Belgique "mais pas pour demander l'asile": il doit s'exprimer ce mardi

Accompagné par ses conseillers, Carles Puigdemont serait actuellement "dans un lieu discret et sûr" de Bruxelles et devrait prendre la parole ce mardi, ont confirmé des sources de la Généralité de Catalogne à la TV3,
Accompagné par ses conseillers, Carles Puigdemont serait actuellement "dans un lieu discret et sûr" de Bruxelles et devrait prendre la parole ce mardi, ont confirmé des sources de la Généralité de Catalogne à la TV3, - © JOSEP LAGO - AFP

Le président catalan destitué Carles Puigdemont se trouve temporairement à Bruxelles, affirment plusieurs sources, dont une source gouvernementale espagnole citée par l'AFP. Ce lundi en fin d'après-midi, la N-VA s'est défendue de l'avoir invité.

Accompagné par ses conseillers, il serait actuellement "dans un lieu discret et sûr" de la capitale. Il devrait prendre la parole ce mardi, ont confirmé des sources de la Généralité de Catalogne à la TV3, la télévision publique catalane, selon un tweet de l'un de ses journalistes.

L'avocat belge Paul Bekaert confirme qu'il a été nommé conseiller par Carles Puigdemont et qu'il lui a parlé ce lundi après-midi. Interrogé par la VRT, Me Bekaert a toutefois assuré que "Carles Puigdemont n'(était) pas en Belgique pour demander l'asile". "Sur ce plan rien n'a encore été décidé", a-t-il dit.

L'avocat a souligné que ce "premier contact" visait à se préparer juridiquement à ce que sera l'attitude de Madrid à l'égard de son client. "Je lui ai parlé personnellement en Belgique (...) J'ai eu un premier contact et il m'a formellement désigné comme son avocat", a poursuivi Me Bekaert. "J'ai une expérience de plus de 30 ans avec l'extradition et l'asile politique de basques espagnols et c'est probablement sur la base de cette expérience qu'il a fait appel à moi", a aussi dit l'avocat.

Paul Bekaert a plus de 30 ans d'expérience en matière d'extradition et d'asile politique. Il a d'ailleurs déjà défendu quatre indépendantistes basques de l'ETA. 

L'avocat spécialisé dans les droits de l'Homme reconnait qu'il serait difficile pour Carles Puigdemont d'obtenir l'asile en Belgique. "On peut le demander, mais l'obtenir c'est une autre affaire." Me Bekaert a déjà par le passé demandé l'asile politique pour des Basques espagnols, mais il ne leur a jamais été accordé, a-t-il rappelé sur les ondes.

Selon le conseil de M. Puigdemont, il est encore trop tôt pour parler d'un incident diplomatique avec l'Espagne. "Pour l'instant, il ne s'agit que d'un citoyen européen se rendant à Bruxelles", affirme Me Bekaert. "Il a peut-être des intentions politiques en venant dans la capitale de l'Europe, mais il est trop tôt pour parler d'un incident diplomatique. Mais l'Espagne est très susceptible sur la question, je peux en témoigner."

 Carles Puidgemont devrait s'exprimer à 13h30 aujourd'hui. Maitre Paul Bekaert confirme qu'une déclaration sera faite dans la journée, sans donner plus de détails"Je ne sais pas ce qu'il va dire. Je suis son conseil juridique, pas son porte-parole", a commenté Me Bekaert.

Une demande d'asile politique imminente ?

C'est le journal El Periodico qui a d'abord dévoilé l'information dans l'après-midi, y voyant un lien potentiel avec la proposition du secrétaire d'État Theo Francken (N-VA) d'accueillir Puigdemont en Belgique. Le quotidien ajoute qu'il est question d'une réunion avec des "dirigeants flamands".

Toujours dans l'après-midi, le même quotidien confirmait une information de la chaîne espagnole La Sexta selon laquelle Carles Puigdemont et cinq ex-conseillers de son gouvernement vont demander l'asile politique en Belgique.

Selon El Periodico, quatre des cinq ex-conseillers concernés sont Meritxell Borràs (PDECat, Santé), Toni Comín (ERC, Intérieur), Joaquim Forn (PDECat, Travail et Affaires sociales) et Dolors Bassa (ERC). Le nom du dernier demeure inconnu.

Le cabinet du Premier ministre Charles Michel (MR) n'a pas voulu faire de commentaire. De source gouvernementale, l'on confirmait toutefois que Carles Puigdemont était bien en route vers la Belgique. Il est question d'une réception privée par la N-VA, a-t-on appris, sans obtenir ni confirmation, ni précision.

La N-VA a finalement réagi par le biais de son porte-parole Joachim Pohlmann, indiquant à l'agence Belga que, si Carles Puigdemont est effectivement à Bruxelles, ce n'est "certainement pas suite à une invitation de la N-VA".

Le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA), n’est "pas au courant  de l’éventuelle venue de Puigdemont en Belgique, selon son porte-parole. Ce dernier précise que Jambon "n’a eu aucun contact avec Puigdemont" ces derniers jours.

Selon nos informations, aucune demande d'asile n'a été introduite pour le moment de la part de Carles Puigdemont, ni de ses ministres auprès de la Belgique. Les demandes d’asile sont de toute façon traitées par des instances censément neutres, et non par le pouvoir politique.

Un "signe de désespoir"

Selon Fernando Martínez Maíllo, le secrétaire général du parti populaire espagnole – la formation politique de Mariano Rajoy –, le voyage de Puigdemont à Bruxelles est "apparemment confirmé". Il dit par ailleurs y voir un "signe de désespoir".

Ce week-end, le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Theo Francken s'était dit prêt à accueillir en Belgique le président catalan destitué, ajoutant qu'il n'était pas sûr que Carles Puigdemont puisse être assuré d'un procès équitable en Espagne.

Ces déclarations avaient été qualifiées d'inacceptables par le porte-parole du Pari populaire au pouvoir en Espagne. Face à ces tensions, le Premier ministre Charles Michel est finalement intervenu et a demandé à Theo Francken (N-VA) de ne pas jeter "de l'huile sur le feu".

Une éventuelle demande d'asile de Carles Puigdemont n'est "absolument pas à l'ordre du jour", avait-il alors précisé.

Page avec reportages et direct dans notre Jt 13h de ce mardi 31 octobre

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