Catalogne: Carles Puigdemont envisage de rester à Bruxelles

Le président catalan destitué Carles Puigdemont pesait samedi le pour et le contre de rester à Bruxelles ou rentrer en Espagne au risque d'être arrêté, après la victoire électorale de son camp indépendantiste qui veut former un gouvernement.

A la question "Puigdemont est-il disposé à rentrer?", l'un de ses avocats en Catalogne a répondu: "En principe, oui, mais mon conseil c'est d'évaluer la situation car au moment où il reviendrait ici, il serait arrêté", deux mois après la proclamation d'une République catalane restée sans effets.

Nous étudions tous les scénarios

"Il faut mesurer si cela vaut la peine, s'il peut faire davantage dedans que dehors, il est évident que s'il vient et est emprisonné, cela génère (...) un conflit politique très important", a ajouté Me Jaume Alonso-Cuevillas au micro de Catalunya radio.

"Nous étudions tous les scénarios", a simplement confirmé la directrice de campagne du parti de Carles Puigdemont, Elsa Artadi, interrogée samedi à Bruxelles par la radio catalane Rac1.

Carles Puigdemont a maintes fois affirmé sa volonté de rétablir le gouvernement destitué par Madrid, ce qui apparaît impossible dans la pratique, certains membres étant en exil, d'autres en prison.

Carles Puigdemont avait proposé vendredi à Mariano Rajoy de le rencontrer "à Bruxelles ou dans n'importe quel autre lieu de l'Union européenne".

Sans jamais prononcer son nom, le Premier ministre conservateur lui avait répondu indirectement: "la personne avec laquelle je devrais m'asseoir, c'est celle qui a remporté ces élections, Mme (Inès) Arrimadas", tête de liste du parti Ciudadanos, qui a obtenu le plus de voix (25%) et de sièges (37).

"Pas de majorité sociale"

"La première force politique en Catalogne, c'est Ciudadanos, une force constitutionnaliste", a souligné samedi Inès Arrimadas, forte de son 1,1 million de voix, dans un entretien publié par El Mundo. "C'est fondamental pour mettre en lumière le fait qu'il n'y a pas une majorité sociale en Catalogne en faveur de l'indépendance", a-t-elle insisté.

Elle ne dispose cependant pas d'alliés pour former une coalition de gouvernement: les socialistes n'ont que 17 sièges et le Parti populaire (PP, conservateur) de M. Rajoy s'est effondré, ne recueillant que 4% des voix dans la région (3 sièges).

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK