Catalogne: Carles Puigdemont en appel de son renvoi vers l'Espagne

L'indépendantiste catalan Carles Puigdemont, le 15 mai 2018 à Berlin
L'indépendantiste catalan Carles Puigdemont, le 15 mai 2018 à Berlin - © Tobias SCHWARZ

L'ancien chef du gouvernement catalan Carles Puigdemont a interjeté appel contre la décision de l'Allemagne de le livrer à l'Espagne, a indiqué jeudi à l'agence Belga son avocat Paul Bekaert. Selon ce dernier, le tribunal de Karlsruhe (sud-ouest) a désormais trois mois pour se prononcer, période durant laquelle l'ex-président séparatiste reste en liberté provisoire sur le sol allemand.

Le tribunal régional de Schleswig-Holstein, province où le Catalan avait été arrêté le 25 mars, a approuvé jeudi l'extradition Carles Puigdemont pour le délit présumé de détournement de fonds publics. Il a cependant rejeté la charge de rébellion qui motivait également le mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne à l'encontre de l'indépendantiste catalan. Cela signifie que si l'ex-président régional est extradé vers l'Espagne, il ne pourra y être jugé que pour malversations.

Pour les juges, l'accusation de rébellion n'est en effet pas recevable en droit allemand car M. Puigdemont "n'était pas le chef spirituel de violences" et que les dites "violences (qui ont eu lieu en Catalogne à l'époque du référendum) n'étaient pas d'une ampleur suffisante" pour justifier de telles poursuites.

M. Puigdemont a toutefois interjeté appel de cette décision, a confirmé à Belga son avocat Paul Bekaert.

L'ex-président indépendantiste de la Catalogne Carles Puigdemont a assuré qu'il se battrait "jusqu'au bout" pour s'opposer à sa remise aux autorités espagnoles pour malversation mais pas pour rébellion, décidée jeudi par un tribunal allemand.

"Nous nous battrons jusqu'au bout et gagnerons !", a écrit sur Twitter l'ex-président régional, poursuivi par la Cour suprême espagnole pour son rôle dans la déclaration d'indépendance avortée d'octobre 2017.

"Nous avons vaincu le principal mensonge soutenu par l'Etat. La justice allemande dit que le référendum du 1er octobre n'est pas de la rébellion", a ajouté Puigdemont.

La justice allemande a autorisé jeudi son extradition vers l'Espagne pour malversation mais non pour rébellion, chef pour lequel il est inculpé en Espagne et qui est très lourdement sanctionné.

Le gouvernement de Carles Puigdemont avait organisé le 1er octobre un référendum d'autodétermination interdit, émaillé de violences policières, puis permis le 27 octobre une déclaration d'indépendance qui avait conduit à sa destitution par Madrid. Carles Puigdemont s'était réfugié à l'étranger, échappant aux poursuites de la justice espagnole.

D'autres membres de son gouvernement déchu, également poursuivis pour rébellion, sont depuis plusieurs mois en détention provisoire.

Le successeur de Puigdemont à la tête du gouvernement catalan, Quim Torra, a de son côté assuré sur Twitter que la décision de la justice allemande "démontre une fois de plus les tromperies et les mensonges de poursuites judiciaires qui n'auraient jamais dû être entamées".

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