Caroline Duconseille d’Handicap International : "Il y a un mieux à Beyrouth mais le bilan pourrait encore évoluer"

Le gouvernement libanais de Hassan Diab a donc démissionné lundi soir, près d’une semaine après les explosions qui ont ravagé une partie de Beyrouth et du port de la ville. Des explosions qui ont poussé une nouvelle fois la population à manifester et à exiger le départ d’une classe politique que les Libanais estiment corrompue. Une population qui a besoin de tout après la destruction du principal port du pays et d’une crise du coronavirus qui avait déjà gravement fragilisé l’économie du pays.

L’équipe d’experts de Handicap International était déjà présente dans le pays. Face aux besoins immédiats et urgents des 6000 blessés et des infrastructures de santé durement touchées, elle s’est directement mise au travail. La centaine de membres d’HI Liban s’est redéployée pour répondre à la crise.

Peu de répit

Caroline Duconseille, chef de mission pour Handicap International au Liban, était l’invitée de Matin Première :"On a encore du mal à croire que c’est arrivé et que ça a été si violent mais ça va un peu mieux. Les rues ont été en grande majorité nettoyées. Il y a de gros efforts qui ont été déployés par la population libanaise, la société civile, les organisations et le gouvernement, tout le monde s’est mobilisé. Après, il y a encore des immeubles où il manque des fenêtres, certaines qui doivent être nettoyées et le port qui est détruit mais la ville commence à reprendre forme".

Suite à la catastrophe, les équipes d’Handicap International se sont mises directement au travail, "Nous avons d’abord dû évaluer les besoins car beaucoup d’acteurs sont intervenus dès le début. Nous nous sommes plutôt concentrés sur les hôpitaux, un certain nombre de blessés avait besoin de minerves, de chaises roulantes, de corsets et de kits de premiers secours. Nous nous sommes focalisés sur ce type de besoin. On a également fourni un numéro d’appel pour les personnes qui avaient besoin d’aide ou d’être hébergées. Enfin, on a mis en place un système de prise en charge pour l’aide psychologique", explique-t-elle.

La reconstruction

Si le bilan des explosions est actuellement d’au moins 160 morts et de plus de 6000 blessés, il pourrait encore évoluer comme l’explique Caroline Duconseille : "On s’attend effectivement à ce qu’il y ait plus de blessés, plus de personnes qui n’ont pas été identifiées et qui vont avoir besoin d’aide. C’est le gros du travail aussi actuellement sur le terrain, c’est la collecte de données pour être sûr qu’on touche bien tout le monde".

Caroline Duconseille met en exergue les services de secours libanais, cependant, le gros du travail débutera dans environ une semaine quand viendrale moment de la reconstruction : "Il va falloir vraiment travailler sur la reconstruction des habitations, de vérifier l’état des bâtiments et s’assurer qu’ils ne sont pas trop endommagés. C’est donc surtout l’après qui nous concerne".

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