Carles Puigdemont risque 30 ans de prison en Espagne "mais il n'est pas en Belgique pour se cacher"

Paul Bekaert, consulté par le leader catalan Carles Puigdemont a plus de 30 ans d'expérience en matière d'extradition et d'asile politique.  Il a d'ailleurs déjà défendu quatre indépendantistes Basques de l'ETA.

Il n'est pour le moment pas question d'asile politique, a déclaré l'avocat mardi. Cela dépend sans doute du sort de Carles Puigdemont en Espagne, où son avenir judiciaire paraît très sombre. Le procureur général accuse en effet l'ex-président catalan d'avoir provoqué une crise institutionnelle sans précédents.

Pour la deuxième fois seulement en 40 ans de démocratie, un homme sera poursuivi pour avoir préparé et mis en œuvre un soulèvement contre l'autorité établie: 
"C'est tout à fait inédit, explique Xavier Arbos, professeur de droit espagnol. La seule chose à laquelle on peut la comparer, c'est la tentative de coup d'état de 1981 fait par des militaires. Mais en tous cas ce code pénal prévoit un délit qui s'appelle "rébellion". Je crois qu'il y aura donc bien des condamnations de prison".

Autant que pour un assassinat!

Si la justice retient le caractère violent de cette insurrection, alors Carles Puigdemont encourt alors une peine de 30 ans de prison: autant que pour un assassinat! 

Mais il faudrait pour ça que la justice retienne le caractère violent des manifestations qui ont eu lieu quelques jours avant le référendum, en marge des perquisitions de la police espagnole, et ce point  fait encore débat.

En mars dernier, l'ancien président de  de Catalogne séparatiste Artur Mas avait été condamné aussi pour avoir organisé en novembre 2014 une consultation interdite sur l'indépendance. Mais celle-ci s'était limitée à deux ans d'interdiction d'exercice de fonctions publiques électives

En tous cas, la juge devrait rapidement convoquer Carles Puigdemont. S'il ne vient pas, et qu'il reste en Belgique, alors l'Espagne pourrait lancer un mandat d'arrêt contre lui et une demande d'extradition.

Ce matin, son avocat a cependant affirmé que le laeder catalan n'était pas en fuite: "Carles Puigdemont n'est pas là pour se cacher", mais plutôt pour "prendre du recul" selon lui.  

Paul Bekaert a plus de 30 ans d'expérience en matière d'extradition et d'asile politique. Il a d'ailleurs déjà défendu quatre indépendantistes basques de l'ETA.

L'avocat spécialisé dans les droits de l'Homme reconnait qu'il serait difficile pour Carles Puigdemont d'obtenir l'asile en Belgique. "On peut le demander, mais l'obtenir c'est une autre affaire." Me Bekaert a déjà par le passé demandé l'asile politique pour des Basques espagnols, mais il ne leur a jamais été accordé, a-t-il rappelé sur les ondes.

Selon le conseil de M. Puigdemont, il est encore trop tôt pour parler d'un incident diplomatique avec l'Espagne. "Pour l'instant, il ne s'agit que d'un citoyen européen se rendant à Bruxelles", affirme Me Bekaert. "Il a peut-être des intentions politiques en venant dans la capitale de l'Europe, mais il est trop tôt pour parler d'un incident diplomatique. Mais l'Espagne est très susceptible sur la question, je peux en témoigner."

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